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POESIE : Ai Qing et la France
« Paris, ville de mon coeur »
Telle une fleur qui s'épanouit à plein gré
Tu as le beau nom de la Capitale aux fleurs
Même plus belle, la fleur n'égale pas la révolution
« La Commune de Paris » naquit dans ton giron
Depuis plus de cent ans résonne
Le chant de l' « Internationale »
Tu es une cité internationaliste
Les gens de toutes couleurs marchent dans tes rues
Picasso et des pigeons alors
S'envolent dans le coeur des peuples du monde
Tu me manque beaucoup dans le rêve
Les étoiles scintillent au ciel nocturne
La Seine traverse paisiblement
Une telle capitale ancienne
Mona Lisa a le sourire aux lèvres
Tu es la ville de mon Coeur
« Salut, la France ! »
La France
Le plus beau nom de par le monde
Dont te qualifiait Whitman le poète
Les Français
Réussirent à guillotiner
Le tyran despotiste Louis XVI
De Montparnasse à Montmartre
Partout règne une ambiance des arts
Paris est une ville magnifique
De Paris à Beijing
Les fleurs de l'amitié s'épanouissent
Les arbres de l'amitié sont verdoyants
Levons un verre de Maotai
Levons un verre de Champagne
Au maintien de la paix mondiale
Ces deux poèmes dus à la plume d'Ai Qing (dit Jiang Haicheng, 1910-1996), autorité de notre poésie contemporaine, furent consacrés au 20è anniversaire de relations diplomatiques entre la Chine et la France. C'était justement en 1984 que notre grand poète reçut la médaille française ''Chevalier des Arts et de la Culture'' remise par l'ambassadeur de France en Chine M. Malo, au nom du président de la République et du ministère français de la Culture. "Nous sommes fiers de compter l'un des plus grands poètes chinois parmi les amis de la France."
En effet, Ai Qing avait noué les liens privilégiés avec la Chine. Dans sa jeunesse, il se révéla si doué à l'Institut national des Arts du Lac de l'Ouest pour la Faculté des Sculptures, et fut envoyé au printemps 1929 pour les études en France. Pendant trois ans, il étudia assidûment des matières diverses telles que la philosophie de Kant et Hegel, la poésie dont Verhaeren et Maïakovsky et la peinture de Renoir et Van Gogh. Le 28 janvier 1932, Ai Qing prit le bateau à Marseille pour rapatrier et participer à la défense de la nation contre l'agression japonaise.
Ce fut à Shanghai où il rejoignit la Ligue des artistes de gauche. Emprisonné dans les geôles du Guomindang, il y composa son plus célèbre poème « la Rivière Dayanhe, ma nourrice» et « A travers la fenêtre grillagée » (1933), « Le Mirliton-à la mémoire d'Apollinaire », « Paris » et «Marseille» (1933). Libéré en 1935, il publia « Vers le Soleil » (1938), « le Nord » (1939), «Paris lamentable » (1940), « les Torches » (1941), aussi « etc.
En 1941 à Yan'an, il enseigna à l'Académie des arts Lu Xun et continuait d'écrire des poèmes dont « Toulon en révolte » (1942) et «A la mémoire de Romain Rolland ». Début 1949, il arriva à Pékin. Au lendemain de la fondation de la Chine nouvelle, il fut d'abord un des responsables de l'Institut central des Beaux-Arts, puis rédacteur en chef adjoint à la revue Littérature du Peuple. Dans les années 50, il voyagea dans les cinq continents en laissant de nombreux poèmes dont « L'Atlantique » (1954). Victime du mouvement «anti-droitier» en 1957, il fut exilé en Mandchourie, puis dans le Xinjiang et réhabilité en 1961. Ce n'est qu'en 1978, après vingt ans de silence, qu'il a publié ses écrits « Le Drapeau rouge » (1978), «Le Mur », «Le Colisée de Rome» (1979).
Dans les Années 80, Ai Qing a fait un second voyage en juin 1980 en France où il a composé de beaux poèmes dont « Paris », « Le Moulin Rouge », « Les Champs-Elysées », « La matinée de Nice », « Nice », « Monte-Carlo » et « la Valse europa » etc.
Pendant cette période, il assuma la charge de vice-président de l'Association des écrivains chinois et de membre du Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale, et publia successivement trois recueils: « Le Chant du retour », « Un poème aux mille couleurs » et « Le nénuphar de neige ».
Ces poèmes géants, qui marquent un souci sincère du sort de l'humanité, intègrent à la fois les bases de la poésie chinoise traditionnelle et de la poésie chinoise traditionnelle et de la poésie occidentale. C'est à travers eux que Ai Qing a atteint sa maturité. Le chant du retour et Le nénuphar de neige ont remporté des prix lors d'un concours national de poésie. Ses poèmes, lyriques et narratifs, à tendance patriotique, ont été traduits dans le monde entier.
Le 5 mai 1996, Ai Qing a quitté ce monde pour toujours. Il demeure pour ses contemporains une figure inoubliable, et les générations futures reconnaîtront en lui un éminent poète du XXe siècle.
Yun Shan
---Le Quotidien du Peuple en ligne---
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