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Français>>Vie SocialeMise à jour 05.11.2010 11h38
Les classes inférieures bloquées dans leur ascension sociale par un système injuste

Les membres des classes inférieures chinoises font face à un nombre plus réduit d'opportunités de grimper dans l'échelle socio-économique, les ressources étant concentrées entre les mains d'un petit nombre de personnes riches, ce qui entrave grandement les efforts du pays pour construire une structure de classes sociales juste, ont mis en garde des experts.

« La circulation entre les différentes classes en Chine est quelque peu bloquée », a dit Ge Daoshun, expert en politiques sociales à l'Académie Chinoise des Sciences Sociales.

Le milieu familial est ainsi devenu une « barrière invisible » pour de nombreuses personnes souhaitant décrocher un bon travail, a-t-il dit.

Par exemple, les chances d'un enfant de fonctionnaire d'être employé par le gouvernement sont deux fois plus importantes que celles d'un enfant de citoyen ordinaire, en supposant que leurs parents aient la même formation scolaire, ont découvert les recherches de l'ACSS.

D'après M. Ge, les enfants qui viennent de familles aisées et ayant des relations peuvent facilement obtenir un travail décent, de jolis revenus et de bonnes opportunités de développement. En revanche, ceux dont les parents n'ont ni argent ni pouvoir auront sans doute bien des difficultés à améliorer leur position dans la société.

Près de 35% des diplômés d'université venant d'un milieu familial rural étaient au chômage en 2009, alors que le taux n'était que de 15% pour ceux dont les parents avaient un poste de direction, d'après une enquête de MyCOS, une société de consultants basée à Beijing.

Et dans le meme temps, les universités ont enregistré moins d'admissions d'étudiants venant des zones rurales. En 2009, quelque 840 000 étudiants n'ont pas participé à l'examen national d'entrée à l'université. La plupart d'entre eux venaient de familles rurales n'ayant pas les moyens de payer les frais de scolarité et étaient pessimistes sur la situation d'emploi des diplômés universitaires. Ces étudiants ont donc choisi de devenir travailleurs migrants.

D'après Gu Jun, sociologue à l'Université de Shanghai, qui s'est exprimé, « Une circulation adéquate de personnes entre les différentes classes est indispensable à une société qui se développe ».

« La nouvelle structure de classes sociales de la Chine ne s'est pas encore constituée, et dès que des barrières seront établies, les classes inférieures auront du mal à monter », a-t-il dit.

Une société idéale devrait avoir la forme d'une olive, c'est-à-dire quelques-uns en haut, quelques-uns en bas, la classe moyenne devant être la majorité, a dit Ge Daoshun, l'expert de l'ACSS.

Quand la classe moyenne de la société atteint un niveau d'environ 60%, la société profite alors de conditions politiques et économiques relativement stables et d'un ordre social correct, a-t-il dit.

D'après les critères fixés par l'ACSS en 2006, un Chinois disposant d'un revenu annuel situé entre 11 800 et 17 700 Dollars US peut-être désigné comme faisant partie de la classe moyenne. Mais actuellement, la classe moyenne chinoise ne représente que 23% de la population.

« L'iniquité est la raison principale qui se situe derrière les difficultés des classes inférieures à acquérir un statut social plus élevé », a dit Gu Jun, de l'Université de Shanghai.

Les personnes qui disposent de grosses ressources sociales et financières transmettront ces bénéfices à la génération suivante, et même à la génération suivant celle-là. Par ressources sociales, on entend ressources économiques, organisationnelles et culturelles. A l'heure actuelle, ces ressources sont quasiment concentrées entre les mains d'un petit nombre de personnes, a-t-il dit.

« Cela pourrait représenter un danger pour la stabilité sociale de la Chine, si le fossé des richesses continuait à s'agrandir », a-t-il dit.

D'après Ge Daoshun, certains obstacles systémiques, comme le hukou (permis de résidence), les systèmes d'emploi et de sécurité sociale, vestiges de l'économie planifiée chinoise d'avant 1978, ont aussi entravé le mouvement social des gens de toutes classes.

Il suggère donc à la Chine d'approfondir les réformes et d'améliorer les innovations en matière de politiques dans des secteurs comme la distribution des richesses, l'éducation, le hukou et la sécurité sociale, afin d'adapter progressivement la structure des classes à la nouvelle structure économique.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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