Notre site/Nouvelles bilingues/Dernières nouvelles/Archives/

 
Français>>TourismeMise à jour 06.07.2011 15h16
Quand le tourisme sur le thème du séisme devient un moyen d'existence

Zuo Kaihua gagne sa vie en commémorant les disparus.

Depuis que la maison de cet agricultrice tibétaine âgée de 40 ans a été détruite par le séisme de mahnitude 8.0 qui a ravagé Wenchuan et que ses terres -situées en bordure de ce qui est devenu une tombe collective- ont été utilisées pour faire un musée, elle vend des souvenirs du séisme à l'entrée du cimetière, dans le village de Yingxiu, dans la Province du Sichuan.

« Nous avons besoin d'argent pour vivre, alors nous avons installé cet étal », a t-elle dit.

Elle vend des photos plastifiées du séisme, des DVD sur la catastrophe et des fleurs aux visiteurs de la Caverne des 10 000 Morts. Ce site est le lieu de repos éternel d'au moins 6 000 personnes -plus du tiers de la population totale de la commune avant le séisme- enterrées dans un champ de maïs pour éviter les épidémies.

Le bouton de porte trahit la fonction originelle de la table de Mme Zuo. Elle a acheté cette porte pour 50 Yuans (7,74 Dollars US) quand les maisons temporaires en préfabriqué ont été démontées et que leurs habitants ont commencé à déménager dans des maisons de 90 mètres carrés subventionnées par le Gouvernement.

Elle feuillette un paquet de photos destinées à des clients. « Ici, vous pouvew voir que la route est coupée », dit Mme Zuo, tapotant l'image d'un camion rouge dont les tôles sont froissées.

« Et là, c'est l'Ecole Primaire de Yingxiu », dit-elle en montrant une autre photo. « Elle n'existe plus ».
Elle précise qu'elle achète les photos pour 60 Yuans la série dans une usine de la ville de Deyang, au Sichuan, et elle les revend 70 Yuans.

Mme Zuo fait partie de la petite douzaine de vendeurs dont les étals sont installés aux portes de la Grotte des 10 000 Morts. Certains vendent aussi de l'artisanat tibétain.

« Les affaires ne sont pas aussi bonnes cette année que l'année dernière », a t-elle dit. « Je peux gagner plusieurs centaines de Yuans par mois, 1 000 au mieux ».

Sa table est installée à côté d'une autre porte transformée en comptoir improvisé, qui appartient à sa belle-soeur Yao Xianqun.

Cette femme âgée de 44 ans dit gagner en moyenne 50 Yuans par jour. « Ca ne suffit pas, mais je n'ai pas d'autre choix », dit-elle.

Son mari quant à lui gagne 100 Yuans environ par jour en faisant des petits boulots dans une central électrique.

Mais Mme Yao s'inquiète, craignant que les autres vendeurs et elle-même ne soient chassés par l'entreprise privée qui vendra les mêmes souvenirs quand elle ouvrira une boutique en bas de la pente de la tombe collective.

Elle dit tout de même avoir de la chance d'être encore en vie. Elle a été ensevelie lors du séisme et a pu être traitée gratuitement pour des blessures à la nuque, qui auraient normalement dû lui coûter 200 000 Yuans.

« Sans l'aide du Gouvernement, je serais morte », a dit Mme Yao. « Ma mère et ma soeur sont mortes ».

Quant à Mme Zuo, elle se dit heureuse que sa fille de 10 ans et son fils de 18 ans aient pu s'enfuir des écoles de Yingxiu.

« Mais mon fils est très traumatisé. A présent, il refuse de mettre le pied dans le moindre établissement scolaire », dit-elle.

A l'origine, dit-elle, elle vendait des fruits, des noix et des boissons.

« Mais ma nouvelle maison est située plus loin. C'est difficile de transporter de l'eau et des noix de si loin », dit-elle.

Mme Zuo dit qu'il y a environ 40 touristes qui viennent visiter le mémorial chaque jour. « Ils viennent ici pour tenter de comprendre qu'est-ce qui s'est passé et comment les survivants vivent », dit-elle. « C'est une forme d'éducation partiotique. Beaucoup d'enseignants amènent leurs élèves ici pour voir comment les gens de Yingxiu se sont relevés et comment ils ont remis les choses en place ».

Parmi ces visiteurs curieux, Hong Yaoxian, un professeur âgé de 59 ans, qui vient de Chengdu, la capitale régionale.

« Je suis venu ici pour comprendre vraiment ce qui s'est passé », dit-il. « J'ai acheté un DVD pour pouvoir le ramener à ma famille, puisqu'ils n'ont pas pu être là aujourd'hui ».

Un car s'approche et de lui sortent 28 adultes et 10 enfants âgés de 1 à 17 ans. Ce sont des employés de Light Optics Instruments Co, Ltd et leurs enfants, dans un voyage qui est une récompense pour avoir dépassé en avance les objectifs de vente annuels, a dit le Directeur général Huang Zhong.

Il a précisé que le mémorial est la première étape du voyage. Ensuite, le lendemain, le groupe ira visiter les temples du Mont Qingcheng.

D'après le Chef des affaires du Gouvernement de Yingxiu, Xu Caiying, le tourisme du séisme est devenu un pillier de l'industrie de la ville.

« Le cimetière est fait pour la mémoire, pas pour le tourisme. Le musée quant à lui est fait pour les deux », a t-elle dit. « Cela dit, les gens vont tout de même au cimetière car ils sont curieux ».

« Les visiteurs font la promotion de Yingxiu et la rendent plus connue. Et ils améliorent les revenus des habitants ».

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
Nom d'utilisateur Anonyme  
  
  
  
La Chine demande le retrait immédiat des bateaux de pêche japonais des eaux des îles de Diaoyu
Le « Dragon » chinois descend vers 5 000 m de profondeur sous la mer
A la recherche des raisons expliquant le succès du PCC
Pas de conditions politiques préalables pour l'aide de la Chine à l'Afrique
Le "phénomène du PCC" enrichit l'histoire humaine (COMMENTAIRE)