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Français>>InternationalMise à jour 25.03.2012 09h44
France/Toulouse : les musulmans français craignent racisme et intolérance (PAPIER D'ANGLE)

Les musulmans en France craignent que l'épisode des fusillades dans le sud-ouest du pays ne nourrissent d'avantage la paranoïa et les craintes de l'Islam à quelques semaines de l'élection présidentielle.

Le tueur fanatique Mohamed Merah, un Français d'origine algérienne qui a revendiqué la tuerie de trois parachutistes de minorité ethnique et celle de trois enfants et un père juifs, a été abattu jeudi, lors d'une intervention menée par un commando policier à Toulouse.

Mohamed Merah, 23 ans, a affirmé qu'il était en mission pour le réseau terroriste international Al-Qaïda, désirant "mourir les armes à la main" après venger le meurtre d'enfants palestiniens et l'engagement des troupes françaises en Afghanistan.

Asma, une étudiante voilée d'origine algérienne, se préoccupe d'une possible montée du racisme et d'intolérance envers les musulmans, qui souffrent déjà de la stigmatisation, après la série de fusillades dans les villes du sud de Toulouse et de Montauban.

"Merah est mort, mais il a relancé l'islamophobie. Malheureusement, les musulmans sont pointés du doigt pour être derrière tout acte répréhensible et l'Islam devient le sujet chaud et préféré dans la dispute politique", regrette Asma qui refuse de donner son nom complet.

Elle appelle à une nouvelle réflexion dans la tuerie et à chercher les raisons qui ont poussé Merah, le jeune homme qui avait commis une série d'actes de délinquance dans la banlieue pauvre de Toulouse, à se radicaliser.

"Il vaut mieux chercher les causes réelles d'un tel événement que l'utilisation de l'Islam par défaut. Je souhaite que les Français peuvent mettre de côté les préjugés et vraiment respecter les principes de la République de la liberté, la fraternité et l'égalité", déclaré Asma à Xinhua.

Issu d'une famille modeste et brisée, Merah a grandi dans le quartier populaire de la cité des Izards où les jeunes souffrent de marginalisation, chômage et mauvaise réputation entretenue par des faits divers liés au trafic de drogue.

Selon une récente étude menée par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), 229.000 immigrés non-européens, âgés de 15 ans ou plus, vivent en France métropolitaine sans emploi. Leur taux de chômage s'établit à 23,1%.

La tuerie de Toulouse a provoqué la colère de l'extrême-droite selon qui, ces meurtres sont la preuve que la France a " dangereusement sous-estimé la menace du fondamentalisme islamique". La présidente du Front National, Marine Le Pen, réclame une guerre contre les fondamentalistes politiques et religieux.

Dénonçant "une attaque terroriste" basé sur une "motivation raciste", le président français Nicolas Sarkozy a assuré que la France "ne tolérera pas l'endoctrinement idéologique sur son sol", et que le pays ne devrait pas être tentés par la vengeance.

M. Sarkozy, qui brigue un deuxième mandat présidentiel, a annoncé une répression contre les personnes consultant des sites extrémistes. Ces mesures réveillent des souvenirs qui datent de 2007 où son attitude envers la sécurité et la minorité musulmane lui a permis de remporter plus des voix des électeurs d'extrême- droite.

Pour Amine Rayhani, un ingénieur en télécoms, les immigrants et l'Islam sont des sujets majeurs des campagnes électorales et les candidats de différents partis alimenteraient le sentiment d'insécurité et de l'islamophobie pour pouvoir réserver un billet pour le Palais de l'Elysée.

"Ce qui s'est passé à Toulouse en cette période déviera l'attention aux musulmans et leurs risques éventuels sur l'état laïque pour récolter des voix en ignorant qu'un tel comportement pourrait diviser les gens et aviver le racisme", dit Rayhani.

Cinq millions de musulmans vivent en France, représentant la plus grande communauté islamique en Europe.

"Personne, si elle est chrétienne, musulmane ou juive, accepte que des personnes innocentes soient tuées. C'est un acte cruel nié par l'islam qui interdit le meurtre des femmes, des personnes âgées et des enfants", indique Khalid Abassi, 29 ans.

"Les musulmans ne sont pas tous des extrémistes. J'espère que nous continuons à vivre en paix, en tolérance et avec le plein respect des autres en dépit de leurs religions après ce qui s'est passé à Toulouse", ajoute le propriétaire d'un fast-food.

Source: xinhua

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