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France/Toulouse : Mohamed Merah tué par les policiers d'élite

23.03.2012 09h18     Source: xinhua

L'auteur présumé d'une tuerie en série dans le sud-ouest de la France, Mohamed Merah, a été tué jeudi par les policiers d'élite français lors d'une intervention à Toulouse (sud-ouest), a déclaré le procureur de la République de Paris, François Molins.

Mohamed Merah a foncé et tiré sur les policiers qui ont lancé une opération pour l'interpeller, a précisé M. Molins, lors d'une conférence de presse tenue à Toulouse.

Il a continué à tirer "en sautant du balcon, jusqu'à ce qu'il soit atteint mortellement par des tirs en riposte qui sont effectués par les policiers du RAID (unité d'élite de la police nationale française), qui l'atteignent à la tête", a poursuivi M. Molins.

Conformément aux premières constatations, le suspect "a tiré une trentaine de coups de feu sur les policiers", a noté le procureur, ajoutant que ces constatations permettent de "confirmer la détermination de Mohamed Merah et sa volonté d'en découdre avec les forces de l'ordre".

Côté du RAID, on compte cinq blessés entre mercredi et jeudi, a ajouté le magistrat.

A son domicile, les policiers ont découvert trois chargeurs de pistolet automatique de calibre 11.43 vides, un pot rempli de munitions de tous calibres, un colt 45, retrouvé à côté du corps, ainsi qu'un sac et un chargeur, et sur son balcon des éléments permettant de préparer des cocktails molotov, chiffons et bouteilles, a dit le procureur.

Selon lui, les enquêteurs ont également retrouvé le sac contenant une caméra Go Pro que Mohamed Merah avait utilisé pour filmer l'intégralité des trois meurtres qu'il avait commis dans le sud-ouest de la France.

Les vidéos ont montré comment ce jeune homme de 23 ans avait tué un vendeur de motos le 11 mars à Toulouse, trois militaires à Montauban le 15 mars, trois enfants et un père juifs à Toulouse.

Mohamed Merah a "sauté par la fenêtre avec une arme à la main, en continuant à tirer. Il a été retrouvé mort au sol", a déclaré le ministre français de l'Intérieur, Claude Guéant, après la fin de l'intervention policière, sans préciser si le suspect avait été abattu par les policiers.

Selon M. Guéant, les policiers ont envoyé trois grenades dans l'appartement que le suspect occupait, puis ont commencé à entrer par la porte et les fenêtres qui ont été enlevées. Des moyens techniques de vidéo ont été introduits pour inspecter les différentes pièces de l'appartement.

Mohamed Merah est sorti enfin de la salle de bain, puis a ouvert le feu avec une extrême violence. Les policiers y ont riposté et les snipers ont tenté de le neutraliser, a poursuivi le ministre français.

Lors d'un échange avec des négociateurs de la police à la veille, Mohamed Merah avait revendiqué le meurtre de trois enfants et un père juifs devant l'école Ozar Hatorah à Toulouse, et celui de trois militaires à Montauban la semaine dernière.

Faute d'avoir trouvé pour cible un soldat, le suspect a ensuite décidé de tuer froidement trois enfants et un père juifs lundi à Toulouse, selon M. Guéant.

Mohamed Merah avait projeté de commettre de nouveaux meurtres, souhaitant tuer un soldat dès mercredi, puis deux policiers de Toulouse, a rapporté le procureur de Paris.

Le jeune Français d'origine algérienne, âgé de 23 ans, est né à Toulouse, où il résidait et travaillait dans un garage automobile comme carrossier.

Ce suspect a affirmé avoir été formé par le réseau terroriste Al-Qaïda, en avouant vouloir mis "la France à genoux" et avoir " toujours agi seul". Il a justifié ses actes par sa "sympathie" pour le sort des Palestiniens, et son opposition à l'engagement militaire de la France en Afghanistan et à l'interdiction du port du voile intégral en Hexagone.

La présidente du Front national (parti d'extrême-droite français), Marine Le Pen, a accusé les services de renseignements français de ne pas faire attention à ce suspect engagé dans le radicalisme islamiste.

Sur la radio Europe 1, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a reconnu une "éventuelle faille" des services de renseignements.