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Français>>InternationalMise à jour 02.12.2010 16h58
L'UE lance son nouveau service diplomatique en vue d'élargir son influence (ANALYSE)

L'Union européenne (UE) a officiellement lancé mercredi son nouveau service diplomatique, le Service européen d'action extérieure (SEAE), sous la direction de la chef de la diplomatie du bloc des 27 pays européens, Catherine Ashton.

La Britannique Catherine Ashton, qui a été nommée haute représentante de l'UE aux affaires étrangères et à la politique de sécurité au lendemain de l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne le 1er décembre 2009, est la première chef de la diplomatie de l'UE, chargée de la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC), et doit assurer la continuité et la coordination de l'action extérieure du bloc.

Mme Ashton, également présidente du Conseil des Affaires étrangères et vice-présidente de la Commission européenne, a pour mission de faire entendre une voix plus unifiée de l'Europe dans le monde.

Elle a gagné en crédibilité ces derniers mois en prouvant son efficacité dans le déploiement de l'assistance au Pakistan, la relance des négociations dans le cadre du processus de paix au Moyen-Orient et le renforcement des relations transatlantiques grâce à diverses réunions avec son homologue américain.

Afin d'aider la haute représentante à accomplir sa mission, le traité de Lisbonne stipule la création du SEAE, constitué de diplomates et fonctionnaires de l'UE.

Le nouveau service diplomatique doit jouer un rôle clé dans le maintien des relations diplomatiques avec les pays non européens, le renforcement de l'UE sur la scène internationale et l'engagement de l'Europe dans des actions concrètes telles que l'aide humanitaire, le développement, la paix et la sécurité.

Création du nouveau corps diplomatique

Mme Ashton a déployé de grands efforts pour garantir la mise en place du SEAE. Quelques mois à peine après qu'elle eut présenté une proposition sur la structure du service le 25 mars dernier, le Parlement européen a adopté le document par une majorité écrasante le 8 juillet.

Au terme de longues négociations difficiles, le Parlement a enfin approuvé en octobre le projet d'amendement sur le personnel et les régulations financières du SEAE, ce qui a fourni à Mme Ashton les outils juridiques nécessaires pour la création concrète de son service.

Pour ce qui est du financement, le SEAE est considéré comme une institution de l'UE et possède sa propre section dans le budget du bloc.

Jusqu'au 30 juin 2013, le service comptera des fonctionnaires de la Commission européenne, du secrétariat général du Conseil européen et des services diplomatiques des Etats membres. L'accès sera également ouvert aux fonctionnaires des autres institutions de l'UE telles que le Parlement européen à partir du 1er juillet 2013.

Pour renforcer la dimension européenne du service, au moins 60% des membres seront des fonctionnaires permanents de l'UE, contre un tiers en provenance des services diplomatiques des Etats membres. Le nouveau corps diplomatique devra aussi prendre en considération l'équilibre géographique et des sexes dans le processus de recrutement.

Suite à la nomination du Portugais Joao Vale de Almeida au poste d'ambassadeur à Washington, Mme Ashton a publié en septembre dernier une liste de 28 ambassadeurs chargés de représenter les intérêts de l'UE à l'étranger, dont l'Allemand Markus Ederer nommé ambassadeur en Chine et l'Autrichien Hans Dietmar Schweisgut, ambassadeur au Japon.

"J'ai désigné les meilleures personnes pour les bons emplois", a déclaré Mme Ashton sur les premières nominations du personnel du SEAE.

Le 25 octobre, elle a dévoilé les noms des deux premiers membres du secrétaire général du corps diplomatique, à savoir le Français Pierre Vimont, nommé au poste de secrétaire général exécutif et l'Irlandais David O'Sullivan, directeur général administratif.

Le 29 octobre, elle a complété l'équipe d'administration en nommant l'Allemande Helga Schmid secrétaire générale adjointe en charge des affaires politiques et le Polonais Maciej Popowski secrétaire général adjoint pour les affaires inter-institutionnelles.

Les nominations aux postes vacants restants seront connues dans les semaines à venir.

Des défis importants à relever

Le 1er janvier 2011, environ 1.500 fonctionnaires de la Commission européenne et du secrétariat général du Conseil européen seront transférés au nouveau corps diplomatique.

Mais ce transfert de pourra avoir lieu que lorsque le Parlement européen et les gouvernements des Etats membres s'accorderont sur le budget 2011 de l'UE d'ici fin décembre.

Si aucun accord n'est conclu sur le budget, le nouveau service diplomatique ne pourra démarrer ses activités car les fonctionnaires resteront à leurs postes actuels et l'UE ne pourra financer le service, dont le budget 2011 a été fixé à 476 millions d'euros (619 millions de dollars).

Les opposants au traité de Lisbonne ont argué que le SEAE signifie plus de bureaucratie, des coûts supplémentaires et un empiétement par l'UE sur les pouvoirs des gouvernements des pays membres, tandis que ses partisans ont indiqué que le bloc des 27, considéré par eux comme une puissance économique privée de poids diplomatique, a besoin d'un nouveau service pour renforcer sa cohérence et son efficacité dans les politiques extérieures.

Même si le SEAE démarrera ses activités en 2011, il lui faudra du temps avant que ne se fasse ressentir son action.

Source: xinhua

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