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La Chine subit-elle des conséquences des hypothèses « si » ?

le Quotidien du Peuple en ligne | 20.06.2019 16h29

« S'il n'y avait pas de Made in China 2025 ». « S'il n'y avait pas de 1 000 Talents Plan ». « Si la Chine n'avait pas défendu ses droits en mer de Chine méridionale » ... Depuis l'éclatement des frictions commerciales entre la Chine et les États-Unis, certaines personnes pensent que si la Chine continuait à « cacher sa force, se reposer dans l'obscurité, donc garder un profil bas » pour « montrer un respect total du leadership américain, voire ne jamais défier son statut de leader », tout irait bien et tout le monde serait content.

C'est comme si l'on disait : «si» la Chine ne mangeait pas à côté de la table, les États-Unis ne renverseraient pas la table. Mais le problème, c'est que les Américains sont-ils les seuls à être qualifié pour s'asseoir à table, manger du steak et boire du vin alors que les Chinois ne sont autorisés qu'à manger du pain froid au coin reculé face au mur?

Cette série d'hypothèses commençant par « si » nous donnent l'impression que quand vous êtes victime de l'intimidation, au lieu de se battre et défendre vos droits légitimes, vous vous dépêchez de montrer vos propres fautes. Si le comportement des États-Unis vis-à-vis de la Chine ressemble largement à ce que dit le très insolent Honorable Zhao (notable du village dans le roman La Véritable Histoire de Ah Q), qui se croit supérieur aux autres, « Vous ne méritez pas le nom de famille Zhao ». Les partisans des hypothèses «si» ressemblent à Ah Q, qui tend sa tête ( pour se faire taper ) aussitôt que les traitres lèvent leur bâton pour le battre.

Le positionnement des États-Unis par les élites américaines, c'est « de toujours être leader du monde » -- ce qui est au cœur des intérêts fondamentaux des États-Unis. Défier le leadership américain, c'est de défier leurs intérêts fondamentaux. D'un point de vue historique, les Américains n'ont jamais ménagé leurs efforts pour détruire sans aucune pitié le No.2 du monde qui défi leur positionnement comme leader du monde. Ils l'ont fait avec le Royaume-uni, le Japon, l'Union soviétique et l'Union européenne. C'est une réaction instinctive des Américains pour maintenir leur hégémonie et une manifestation directe de l'application de la loi de la jungle dans le domaine de la politique internationale, sans que la volonté de l'être humain puisse le changer.

La Chine aujourd'hui n'est plus un petit bateau avant les réformes et l'ouverture, mais une grande puissance aussi forte que le navire géant prêt à partir en mer. Le PIB par personne est passé de 160 dollars environ en 1978 à presque 10,000 dollars en 2018. Classée au 15e rang auparavant, la Chine est devenue la deuxième économie du monde. Nous sommes déjà le plus grand pays mondial en terme de commerce de marchandises, 2e plus grand pays en terme de commerce de services, d'utilisation effective des investissements étrangers et d'investissements à l'étranger. Le PIB de la Chine a dépassé celui du Japon en 2010, pour arriver à la 1ère place mondiale et la Chine a réussi à maintenir cette dynamique de croissance soutenue. Ce n'est pas sous l'impulsion du moment que les États-Unis se mettent en garde contre la Chine et l'encerclent, mais plutôt une action délibérée. Il n'est guère possible que les différentes hypothèses « si » existent réellement.

Les Américains ne cessent d'aggraver les frictions commerciales, exacerbent la pression sur les entreprises de haute technologie chinoises et par un manque total de crédibilité, reviennent constamment sur leurs propres paroles lors des négociations. Ils multiplient des revendications en terme de taxe douanière, achat et équilibre du texte. Tout le monde voit clairement leurs calculs et leurs objectifs. Face à cette réalité, ceux qui prônent des hypothèses « si », sous le prétexte de « garder un profil bas », demandent, en toute certitude, à la Chine de tout supporter en silence. Dire que la cause fondamentale des frictions commerciales entre la Chine et les États-Unis, c'est une erreur stratégique de la Chine, qui consiste à ne pas « garder un profil bas », que c'est ubuesque ! Ils font l'amalgame et mettent la charrue devant les boeufs.

« Garder un profil bas » consiste à rester modeste et prudent, privilégier les actes concrets et non pas les paroles, ne pas chercher à être le chef de peloton et ne pas revendiquer l'hégémonie. Cette tradition mérite d'être gardée dans cette nouvelle époque. Mais soyons clair, le chemin de développement pacifique ne signifie pas abandonner nos intérêts légitimes ou sacrifier les intérêts fondamentaux de l'état. Aucun pays étranger ne doit espérer que nous échangions nos intérêts fondamentaux contre quoi que ce soit ou que nous puissions subir les conséquences de l'atteinte à notre souveraineté, sécurité et développement.

La logique est simple : céder sur les sujets qui touchent les intérêts fondamentaux de la Chine signifie renoncer à son développement futur. À cet égard, l'histoire ne permet pas d'avancer d'hypothèses « si ».

Par Peng Hui, journaliste au Quotidien du Peuple en ligne

(Rédacteurs :Yishuang Liu, Gao Ke)
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