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Français>>OpinionMise à jour 05.03.2012 11h02
Deux sessions pour l'histoire…

Cette semaine s'ouvrent à Beijing ce que l'on appelle couramment en Chine les « Deux Sessions », à savoir celle du Congrès National Populaire, le principal corps législatif chinois, et celle de la Conférence Consultative Politique du Peuple Chinois. Pour tous les Chinois, cet évènement annuel est un évènement considérable qui suscite un intérêt général dans tout le pays. Ce n'est hélas pas -du moins pas encore- le cas à l'étranger, où ces deux sessions, pourtant d'un intérêt évident, puisqu'après tout elles concernent un pays qui est devenu récemment la deuxième puissance économique du monde et dont la population représente près du cinquième de la population mondiale. Rien que ces deux chiffres justifieraient à eux seuls que le monde s'y intéresse, tout au moins un peu plus. Il est vrai que la grande méconnaissance qu'ont les autres pays du monde de la vie politique chinoise, que beaucoup imaginent fermée, monolithique et secrète, y est sans doute pour beaucoup. Il suffit pourtant d'avoir vécu, ou de vivre, en Chine pour savoir que la vérité est bien différente, quand bien même le système politique chinois est différent du modèle occidental, qui reste encore -à tort ou à raison, mais le problème n'est pas là aujourd'hui- une sorte de référence pour beaucoup. Mais la Chine elle-même a aussi sa part de responsabilité, tant il est vrai que si ces évènements sont d'une importance qui n'échappe à personne ici, elle ne fait pas grand-chose pour mieux les faire connaître à l'étranger. Et c'est vraiment dommage. Reconnaissons aussi toutefois à la décharge de la Chine que cette année 2012 est une année chargée en élections importantes un peu partout dans le monde, et notamment dans des pays aussi importants que les Etats-Unis et la France, et même en Russie, dont le vote pour le choix du nouveau président a eu lieu quasiment en même temps que l'ouverture des deux sessions, et qui de ce fait a encore plus éclipsé l'ouverture des deux sessions.

Les deux sessions de cette semaine, quelles que soient les décisions qui y seront prises, seront également des sessions historiques, et c'est dire qu'elles mériteraient qu'on s'y attache davantage en Occident. Pourquoi historiques, me direz-vous ? Mais tout simplement parce qu'elles seront les dernières qui seront organisées sous le mandat du Président Hu en tant que Secrétaire Général du Parti Communiste Chinois, puisque son successeur à ce poste devrait être nommé en octobre prochain, avant qu'il ne cède aussi la place en tant que Président de la République quelques mois plus tard. C'est donc une page de dix ans qui va se tourner bientôt, et rien que cela explique que ces deux sessions sont peu ordinaires, et qu'elles pourraient même être historiques, au même titre que le seront celles de l'année prochaine.

Et durant ces dix ans, il s'en est passé des choses, en Chine comme ailleurs… quand le Président Hu est arrivé à la magistrature suprême, la Chine venait quelques temps auparavant d'être admise à l'Organisation Mondiale du Commerce et de se voir confier l'organisation des Jeux Olympiques. Deux évènements certes antérieurs à son accession au pouvoir, mais qu'il a été chargé de mettre en œuvre, avec le succès que l'on sait dans les deux cas : la Chine est devenue en moins de dix ans la deuxième puissance économique du monde, et les JO furent une réussite que même les personnes les moins favorables à la Chine reconnaissent. Deux évènements majeurs qui ont, et sans aucun doute plus pour le premier, même s'il fut moins médiatique, fait de la Chine un des acteurs essentiels de la scène mondiale.

Mais en homme clairvoyant, le Président Hu a aussi su comprendre que malgré sa réussite incontestable, la Chine ne pouvait continuer ainsi et qu'elle devait changer son mode de développement, pour le bien de son peuple -et par ricochet pour le bien du monde, tant il est vrai que la Chine étant devenus si importante, on pourrait dire que si la Chine venait à avoir des problèmes de développement, le monde entier en pâtirait. Que la Chine tousse, et le monde s'enrhume, si vous préférez cette image… et cette transformation, essentielle, nécessaire, ce sera son successeur qui sera chargé de la mettre en œuvre, et gageons donc que, par la force des choses, le sujet sera sans aucun doute mis encore plus sur le devant cette année. Des sessions historiques, vous dis-je… mais peut-être que tout cela ne sera pas aussi visible et aussi net que nous l'espérons, qui sait ?

Il est vrai que la nouvelle voie que doit, et va, suivre la Chine dans les dix prochaines années, ne sera pas un chemin semé de roses. Pourtant, où que l'on se trouve, quelle que soit sa nationalité, les Deux Sessions mériteraient l'intérêt de tout un chacun, de vous, de moi, de vos amis, de votre famille, de vos voisins, de vos collègues. Ce qui se passe, et ce qui va se passer en Chine, ne peut, ne devrait laisser personne indifférent. Car une partie de l'avenir du monde se joue désormais à Beijing, n'en doutez pas. Et toute décision prise lors de ces deux sessions, et dont la mise en œuvre incombera au successeur du Président Hu, sera susceptible d'avoir des conséquences indirectes pour le monde entier. Jamais, je le crois, tant elle se retrouve -directement ou non- au cœur des préoccupations et des discussions du monde entier, et qu'elle va dans les années qui viennent réorienter son modèle de croissance, et sous la houlette d'un nouveau chef, la Chine n'aura aussi bien mérité son nom de Zhongguo, Empire du Milieu…

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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