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Français>>OpinionMise à jour 19.04.2011 16h50
La duplicité et les droits de l'homme ne vont pas bien ensemble

Chaque soir, à la fin de l'émission PBS News Hour, un des programmes d'information les plus respectés des Etats-Unis, on peut voir des images des soldats américains tués la veille. En général, ce sont des hommes jeunes, le plus souvent âgés entre 20 et 25 ans.

Même la personne la plus endurcie ne peut pas ne pas ressentir une poussée d'angoisse à la vue de ces jeunes gens dont la vie a été fauchée par une guerre irrationnelle. Et chacun peut imaginer combien de vies ont été perdues et combien le seront encore avant que se termine la guerre d'Afghanistan.

Aussi terribles que ces pertes puissent être, nous devons aussi penser à une autre réalité : celle d'autres soldats humiliant des prisonniers afghans. Ces images nous montrent que les vies de ces soldats ont été bouleversées par la guerre, et que, de manière tout aussi terrifiante, la guerre les a changés aussi. Elle leur a fait perdre cette valeur humaine essentielle qui nous fait respecter les autres, à leur niveau le plus bas. Et sous nos yeux, là, soudainement, apparait la guerre et sa nature, vile par essence.

Ces réflexions me sont venues après avoir vu trois photos publiées récemment par le magazine allemand Der Spiegel. Elles font partie d'un ensemble de 4 000 photos et vidéos prises par des soldats, et qui ont été saisies par des officiers de l'armée américaine enquêtant sur la mort de trois civils afghans désarmés en 2010.

Douze soldats de la Compagnie Bravo de la Cinquième Brigade de Combat Stryker dans la Province de Kandahar en Afghanistan ont été accusés d'avoir commis des crimes graves contre des civils afghans. Parmi eux, le sergent Jeremy Morlock, âgé de 22 ans, et trois autres hommes qui auraient apparemment suivi les ordres du sergent-chef Calvin Gibbs, âgé de 25 ans. Ils ont été accusés d'avoir tué des civils afghans pour le plaisir et prélevé des parties de leurs corps, y compris un crâne, à titre de trophées. Le sergent Morlock a été condamné à une peine de 25 ans de prison à la fin du mois dernier.

La première photo montre Morlock tenant le corps dénudé d'un civil afghan du nom de Gul Mudin par les cheveux, souriant fièrement face à l'appareil. La deuxième photo montre un autre homme, le soldat Andrew Holmes, tenir le même corps avec une main, une fois encore par les cheveux, tandis qu'une cigarette pend entre les doigts de son autre main. La troisième photo montre deux civils afghans assassinés par ces soldats. Les vêtements souillés des victimes laissent penser qu'ils ont été traînés par un véhicule et peut-être même qu'ils ont été torturés avant d'être tués.

Ainsi que l'a rapporté Afghans For Peace, une enquête a montré que l'armée n'a pas tenu compte des avertissements d'un soldat, Adam Winfield, dont le père n'a cessé d'essayer d'avertir le commandement des atrocités commises, en vain. « Ils avaient tout planifié. A ce sujet, je savais que je devais faire quelque chose, mais je n'en ai pas eu le courage », a écrit le soldat Winfield.

De nombreuses critiques ont comparé ces évènements aux atrocités commises dans la prison d'Abou Ghraib en Irak. Mais l'AFP a souligné qu'il y avait une différence : les incidents d'Abou Ghraib concernaient des prisonniers, alors que les évènemenst d'Afghanistan, dont les meurtres, ont eu lieu publiquement en plein jour.

Dans un autre incident décrit par Der Spiegel, les soldats accusés ont arrêté un professeur de religion qui se tenait au bord de la route et l'ont forcé à s'agenouiller dans un fossé. Après qu'il l'ait fait, un soldat a jeté une grenade sur lui, tandis qu'un autre ordonnait qu'on le tue.

Aux Etats-Unis, on s'inquiète beaucoup du sort du soldat Bradley Manning, l'homme accusé d'avoir transmis des informations secrètes à Wilileaks. Juan E. Mendez, rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, a dit que sa demande pour une rencontre nos surveillée de Manning lui a été refusée par le Département de la Défense américain. De plus, 250 professeurs, avocats et écrivains ont écrit une lettre au Président américain Obama, disant que les conditions de détention de Manning sont « illégales et immorales ».

Les Etats-Unis ont sévèrement critiqué les autres pays sur les droits de l'homme. Mais si un pays veut que le reste du monde respecte des droits de l'homme, il est impératif qu'il emploie les mêmes critères pour se juger aussi. C'est seulement quand cela se sera produit nous pourrons dire qu'une étape importante importante des droits de l'homme a été atteinte.

L'auteur est co-gagnant d'une récompense de l'Overseas Press Club of America pour un article sur les droits de l'homme.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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