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Français>>OpinionMise à jour 17.02.2011 15h18
La responsabilité ne pèse pas sur la Chine...

Comme on pouvait s'y attendre, le Japon a confirmé lundi que la Chine l'avait remplacé comme deuxième plus grande économie du monde. Mais cette confirmation a été accompagnée par l'appel de quelques médias occidentaux et japonais demandant à la Chine de prendre une plus grande part de responsabilités internationales.

Certains universitaires chinois disent que le fait que l'Occident exhorte la Chine a partager davantage de responsabilités internationales est aussi mauvais que la « théorie de la menace chinoise » -déjà ancienne- qui diabolise la Chine.

Mais pour Jin Canrong, Professeur et Vice-doyen de l'Ecole des Etudes Internationales de l'Université Renmin de Chine, les deux choses sont différentes. « La théorie de la 'menace chinoise' part du principe que la Chine est un pays mauvais », dit-il. « Mais la ‘théorie de la responsabilité chinoise' est basée sur le postulat que la Chine est un pays puissant ».

C'est pour cela qu'il ne voit aucune conspiration derrière la « théorie de la reponsabilité chinoise ». La raison de ce malentendu réside, dit-il, dans un certain nombre de différences dans la perception du développement et des réalisations de la Chine par les Chinois et les étrangers.

Pour le Professeur Jin, il n'est pas très sage de parler ainsi de conspiration. La « théorie de la responsabilité chinoise » veut dire trois choses : primo, la Chine est une puissance montante ; deuxio, la Chine est coopérative, et tertio la Chine n'a pas pleinement assumé ses responsabilités.

Par conséquent, ce genre de théorie montre que l'Occident accepte de plus en plus la montée en puissance de la Chine.

Le problème est que les pays occidentaux veulent que la Chine assume les responsabilités qu'ils souhaitent la voire assumer. Le Professeur Jin ne pense pas que la « théorie de la responsabilité chinoise » aura nécessairement un impact négatif sur la Chine. Bien au contraire, cette théorie comporte à la fois défis et opportunités, et, partant, elle peut agir comme un moteur pour le développement de la Chine.

Certains groupes de réflexion américains pensent que la montée en puissance de la Chine sera un des évènements les plus importants du 21e siècle.

Mais ils disent aussi que la Chine s'attarde aussi sur des carrefours stratégiques, sans être bien sûre qu'elle acceptera ou non l'ordre international actuel sous son leadership.

L'Occident, et en particulier les Etats-Unis, ont beaucoup d'attentes en ce qui concerne les responsabilités de la Chine, a dit le Professeur Jin. Sur le front économique, les Etats-Unis attendent de la Chine qu'elle ouvre plus encore son marché intérieur et réduise son excédent commercial bilatéral. En politique, ils veulent que la Chine soit plus libérale et plus démocratique, comme l'Occident. Dans le domaine militaire, ils exigent de la Chine qu'elle se montre plus transparente et fasse preuve de confiance mutuelle. En matière de diplomatie, ils attendent de la Chine qu'elle soit plus coopérative dans la résolution de problèmes-clés comme le nucléaire iranien ou la Péninsule coréenne.

En un certain sens, les attentes de Washington envers Beijing équivalent à construire une Chine faite sur le modèle américain, a dit le Professeur Jin. « C'est quelque chose que la Chine ne saurait accepter ».

Du fait de valeurs et intérêts différents, la Chine et l'Occident, en particulier les Etats-Unis, diffèrent fortement sur la définition de la responsabilité. La vision chinoise d'une « puissance responsable » est différente de la « théorie de la responsabilité de la Chine ».

Depuis la crise financière asiatique de la fin des années 1990, la Chine a assumé davantage de responsabilités internationales. Elle est l'un des rares pays qui participe à la plupart des organisations internationales, et elle a fait de grands efforts pour résoudre les problèmes du nucléaire iranien ou de la Péninsule coréenne. Elle a également effacé la dette de certains pays en développement.

Malgré tout cela, l'Occident, et en particulier les Etats-Unis, continuent à faire pression sur la Chine pour qu'elle assume encore plus de responsabilités internationales.

Mais ce qu'ils ne comprennent pas, c'est que la Chine fait toujours face à de grands défis. D'abord, la Chine se doit de donner la priorité à ses intérêts nationaux.

Ensuite, la Chine est désormais une partie intégrante de la communauté internationale. Elle a bénéficié du système international ces trente dernières années, et elle joue maintenant un rôle actif pour l'améliorer. Mais trouver une manière de maintenir un équilibre entre maintenir le système international et l'améliorer n'est pas de la seule responsabilité de la Chine. Les Etats-Unis ont un rôle décisif à jouer.

Enfin, les Etats-Unis demandent que la Chine soit davantage responsable envers eux, et même qu'elle fasse des compromis avec eux.

Puisque la montée en puissance de la Chine a causé d'énormes changements dans le monde, il est naturel qu'elle fasse face à davantage de pressions de la communauté internationale, et en particulier des pays occidentaux. Peut-être que la meilleure façon pour la Chine d'éviter l'hostilité est d'avoir plus de communication et d'interaction avec le reste du monde.

Le Professeur Jin dit que l'implication de la Chine dans les affaires internationales se renforce. Mais il pense aussi qu'elle devrait rehausser le niveau de sa participation et améliorer la façon dont elle gère certains problèmes internationaux. « La Chine doit disposer de sa propre voix et doit faire plus de propositions et proposer des solutions à davantage de problèmes ».

« La confiance stratégique mutuelle est établie sur la base de l'interaction, ce qui peut permettre de faciliter les accords et éliminer les malentendus », a dit le Professeur Jin. eNous devons faire plus d'efforts pour permettre à la communauté internationale de mieux comprendre la Chinee.

La Chine est toujours un pays en développement. Son développement interne, et non une présence influençante dans la communauté internationale, est toujours sa plus grande responsabilité. Par exemple, la Chine n'est encore qu'une puissance régionale et aurait bien du mal à se tranformer en puissance maritime forte. Il existe toujours quelques sujets épineux, comme le problème de la Péninsule coréenne et les disputes en Mer de Chine Méridionale, que la Chine doit traiter avec une grande sagesse. La Chine est encore loin de devenir une puissance mondiale.

« Aussi n'est-il pas juste que l'Occident attende de la Chine partage des responsabilités internationales en fonction de ses demandes », a dit le Professeur Jin.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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