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Français>>OpinionMise à jour 09.06.2010 13h49
L'"addition" et la "soustraction" de la politique africaine de la France

Le 25ème Sommet France-Afrique s'est clôturé le 1er juin à Nice, ville côtière dans le sud de la France. Le Président français Nicolas Sarkozy, qui participe pour la première fois à ce sommet depuis son ascension au pouvoir suprême de la République française, a entrepris des réformes quant à la forme et à la substance de la réunion en procédant par le biais de l' « addition » pour qu'un plus grand nombre de pays africains puissent participer au sommet, pour que les discussions portent sur davantage de domaines et pour qu'un plus grand nombre de sujets soient inscrits dans l'ordre du jour et discutés lors de la réunion.

Toutefois, l'opinion internationale indique que comparé avec la forme de la réunion basée sur l' « addition », l'intervention militaire française dans des régions africaines, qui a diminué petit à petit ces dernières années, ainsi que le repositionnement des relations politiques bilatérales française et africaine et la baisse ces dernières années du volume commercial entre les deux parties donne au contraire l'impression d'une « soustraction ».

Une « addition » quant aux réformes entreprises au Sommet.

Nicolas Sarkozy a entrepris à l'égard du sommet les trois réformes suivantes : invitation lancée à des personnalités du milieu économique pour assister à la réunion ; le sujet de discussion d'un a augmenté à trois ; les dirigeants des pays africains ont été conviés à un dîner donné par le Président français.

Pour ce qui est des participants au sommet, Nicolas Sarkozy a « pour la première fois dans toute l'histoire du sommet » a décidé d'inviter des personnalités françaises et africaines du milieu économique à assister à cette réunion officielle qui réunissait autrefois seulement les chefs d'Etat et de gouvernement ainsi que les représentants d'organisations internationales et c'était quelque chose de tout à fait nouvelle qui force le respect et l'admiration. Le Ministère français des Affaires étrangères a révélé que les représentants de quelques deux cent cinquante entreprises françaises et africaines ont assisté au sommet et ils ont eu ainsi l'occasion de discuter avec les responsables des départements économiques et commerciaux des gouvernements de divers pay et d'explorer avec eux certains problèmes du financement en Afrique des PME (moyenne et petite entreprise) françaises

En ce qui concerne les sujets débattus au sommet, depuis le 1er Sommet France-Afrique tenu en 1973 sur proposition de la France, pour les 24 sommets précédents, ils ont eu chacun un seul sujet particulier de discussion. Mais pour le présent sommet, il a discuté de trois sujets qui sont respectivement « La place de l'Afrique dans la gouvernance mondiale », « Le renforcement de la paix et de la sécurité sur le continent » et « Climat et développement ». Dans le cadre de ces trois sujets de discussion, les participants ont fait part de leurs idées sur de nombreux problèmes, dont l'élévation de la position politique de l'Afrique sur la scène internationale, la préservation et la sauvegarde de la sécurité et de la stabilité politique sur le continent africain, la lutte commune contre les crimes transfrontaliers, la lutte contre les changements climatiques, l'élimination de la pauvreté, … etc.

Autrefois à la veille de l'ouverture du sommet, le Président français donne un dîner en l'honneur des seuls dirigeants de pays africains francophones. Cette fois-ci, Nicolas Sarkozy a supprimé ce genre de dîner de ‘petit cercle' et il l'a remplacé par un grand dîner donné le soir du jour de l'ouverture du sommet en l'honneur des dirigeants de tous les pays africains qui participent au sommet. Il a insisté que la France considère tous les pays africains comme ses amis et ses partenaires et que dans ce cas-là, il n'est pas besoin de différencier les pays africains en francophone ou non.

Selon des analystes, ce changement-là montre qu'il semble que Nicolas Sarkozy est en train d'exécuter, à l'encontre des relations franco-africaines, une « addition » qui permettra à la France de se rapprocher de plus en plus des pays africains dans davantage de domaines et de sujets de discussions.

Une « soustraction » quant à la réorientation politique.

Parallèlement, l'opinion publique indique que si l'on considère les diverses mesures prises ces dernières années par le gouvernement français en vue de réajuster la politique africaine de la France, alors la soi-disant « addition » au sujet des relations franco-africaines est alors quelque chose de discutable.

Dans le domaine militaire, d'après le « Livre blanc sur la Défense et la Sécurité » publié en 2008 par la France, cette dernière envisage de réduire le nombre de ses bases militaires dans plusieurs pays africains et en fin de compte, deux bases seulement seront conservées sur le Continent africain : l'une située sur la ligne côtière atlantique et l'autre sur la ligne côtière de l'Océan indien. D'autre part, la France est en train de conclure de nouveaux accords avec huit pays africains avec qui elle avait signé des accords de défense, ce qui lui permettra d'affaiblir son rôle d'ingérence militaire, de minimiser son image de « gendarme de l'Africain » et d'aider les pays africains à établir un mécanisme de sécurité commune en s'occupant principalement de la formation et du perfectionnement du personnel militaire local.

Quant à la France, elle préfère renforcer le rôle de l'Union européenne (UE) en Afrique afin que les autres pays membres de l'UE puissent partager les responsabilités de la France en matière de maintien de la paix, de l'aide économique et du dialogue politique en Afrique. Lors de la cérémonie d'ouverture du présent Sommet, Nicolas Sarkozy a tout particulièrement parlé « du destin commun qui unit l'Afrique et l'Europe, car les deux parties ont beaucoup d'intérêts en commun ».

Pour ce qui est des relations économique et commerciales, la part du commerce franco-africain dans le volume global du commerce extérieur français a diminué sans cesse ces dernières années. L'Agence France-Presse (AFP) rapporte qu'à l'heure actuelle, le volume du commerce franco-africain représente seulement 2% du volume global du commerce extérieur de la France, tandis que ce pourcentage a été de plus de 40% dans les années soixante du siècle dernier. Avec cette comparaison, il est difficile de constater une trace de l'« addition ».

La réalisation des intérêts à long terme : pourquoi la France procède-t-elle à l'« addition » ou bien à la « soustraction » dans l'application de sa politique africaine ?

Des analystes indiquent que pour réaliser son ambition de faire de la France un pays grand et puissant, Nicolas Sarkozy a pris en 2009 la décision du retour de la France au poste de commandement militaire de l'OTAN, ce qui oblige celle-ci à assumer davantage d'obligations militaires dans le cadre de ce Traité d'alliance. Mais, face aux difficultés dues à la morosité économique intérieure et à la hausse continuelle du déficit budgétaire, la France éprouve de grandes difficultés, que ce soit sur le plan financier ou sur le plan militaire, à maintenir le déploiement trop large de ses forces armées à l'extérieur du pays, lequel nécessite d'énormes fonds. Devant cette situation, la France est obligée de faire le choix entre l'OTAN et l'Afrique.

En réalité, lors du présent sommet, il est tout à fait facile de constater clairement l'idée de la France quant à la réorientation de sa politique africaine : renforcement de la position de l'Afrique sur la scène politique internationale par le biais de la réforme au sein de l'ONU et d'autres organisations internationales ; insistance sur le désir de la France d'établir avec les pays africains des relations de partenariat sur le pied d'égalité ; efforts de la part de la France de se débarrasser de son image de « gendarme de l'Afrique » et de se forger une nouvelle image de se détacher et de s'élever au-dessus des affaires africaines.

Lors du présent sommet, la France a déployé beaucoup d'efforts pour effectuer l'« addition », alors que la « soustraction » a souvent apparu ces dernières années dans sa politique africaine, telle que l'affaiblissement de l'ingérence militaire et la diminution des relations économiques et commerciales. Néanmoins, que ce soit l'emploi de l'addition ou bien de la soustraction, il y a une chose qui est certaine, c'est qu'à travers sa politique africaine, le gouvernement français, y compris Nicolas Sarkozy et ses prédécesseurs, aspire et recherche le plus l'objectif suivant : la réalisation des intérêts stratégiques à long terme de la France en Afrique.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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