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Français>>OpinionMise à jour 01.03.2010 13h10
Pourquoi les grèves se succèdent dans le milieu du transport aérien international ?

Plus de quatre mille pilotes de Deutsche Lufthansa AG ont commencé leur grève et leur démonstration de force le 22 février très tôt le matin à l'Aéroport de Francfort. Puis sous la médiation d'Ingrid Schmidt, la présidente de la Cour fédérale du travail, le Syndicat des pilotes accepte de suspendre la grève qui devait durer jusqu'au 25 courant et qui retourne à la table de négociations avec le patronat. Mais, il a posé la condition suivante : la grève va se poursuivre dans le cas où les deux parties employeuse et travailleuse ne pourraient aboutir à un accord avant le 8 mars prochain.

Lufthansa, qui est l'une des plus grandes et des plus importantes compagnies aériennes de l'Europe, compte plus de quatre mille cinq cent pilotes et quelques cent mille employés et travailleurs et il a été désigné fin 2009 par une célèbre revue touristique asiatique comme la « meilleure compagnie aérienne européenne ». La présente grève des pilotes allemands s'est produite en raison du refus par le patronat des conditions posées par le syndicat des travailleurs : augmentation de 6,4% e dans les douze mois ; amélioration du bien-être ; augmentation du droit à la parole du syndicat dans les décisions prises par la compagnie ; garantie du poste de travail des pilotes, … etc. Elle est d'une ampleur sans précédent dans toute l'histoire de la compagnie et menée par les pilotes et elle a causé, pour la seule journée du 22, une perte économique évaluée à environ 25 millions d'euros. Auparavant en fin 2007, les travailleurs au sol et les membres d'équipage de la compagnie ont déjà mené une grève de quatre jours consécutifs pour essayer d'obtenir une augmentation de salaire, la grève ayant entraîné une perte économique de plus de dix millions d'euros.

Ce qui mérite d'être noté, c'est que la grève chez Lufthansa n'est pas un cas unique dans le milieu aéronautique international. En 2009, les pilotes d'Air India ont cessé collectivement le travail en apprenant que leur compagnie a décidé de réduire les primes qui leur seront accordées. Presque simultanément avec la cessation de travail des pilotes de Lufthansa, les employés et les travailleurs de la Société de service aéroportuaires de France ont annoncé soudainement le 21 dans la matinée qu'ils vont faire la grève en raison de leur mécontentement à l'égard de leur employeur : insuffisance de travailleurs et de main-d'œuvre ; travail trop fatigant et pénible ; et salaire trop bas. Leur geste a provoqué un grand désordre à l'Aéroport d'Orly à Paris, en France, où un grand nombre de vols n'ont pu décoller et atterrir normalement. Quant à une partie des aiguilleurs du ciel de l'Aéroport Charles de Gaulle et de l'Aéroport Orly, ils ont annoncé le 22 courant que pour protester contre la décision de la France d'adhérer au système européen de régulation unifiée de vol, ils vont arrêter leur travail le lendemain et que leur grève durera jusqu'au 27. Et également le 22, c'est-à-dire le même jour de la suspension de travail des pilotes allemands, l'Union des syndicats de British Airways PLC a rendu les résultats de vote des membres d'équipage de British Airways dont la majorité ont exprimé leur soutien à l'augmentation de salaire, à l'amélioration des conditions de travail et à la protestation contre la décision de licenciement de la compagnie. Il est envisagé qu'à partir du premier mars prochain aura lieu une grande grève à laquelle participera plus de douze mille membres d'équipage des vols de la compagnie.

Les grèves dans le milieu du transport aérien international qui se succèdent ces derniers temps et qui ont tendance à se développer vague après vague laissent voir superficiellement qu'elles sont provoquées par les conflits entre employeurs et travailleurs, alors qu'en réalité, elles reflètent l'apparition d'un problème important : le développement continue des effets de la crise financière internationale qui provoque directement l'aggravation de la tension entre le patronat et le syndicat dans certains secteurs de l'économie.

Le transport aérien figure parmi les secteurs les plus touchés par la crise. Un grand nombre de compagnies aériennes rencontrent d'énormes difficultés dans leur exploitation, se donnent beaucoup de mal pour les surmonter et ont connu de grandes pertes. Le Président d'IATA (International Air Transport Association) (en français : association internationale du transport aérien – AITA) Giovanni Bisignani pense que la crise financière et économique a causé au cours des deux années 2008 et 2009 au transport aérien international une perte très élevée atteignant les 27,8 milliards de dollars US. Selon les estimations d'IATA, le transport aérien mondial a connu en 2009 des pertes atteignant 11 milliards de dollars US. Il prévoit que cette année, les pertes vont continuer à s'élever de 5,6 milliards de dollars. Il est prévu que les pertes les plus graves atteindront les compagnies aériennes européennes. Les statistiques établies que les chiffres d'affaires de la compagnie allemande Lufthansa de la première moitié de 2009 ont diminué de plus de 15% par rapport à la période correspondante de l'année précédente et que les pertes totales seront de l'ordre de 216 millions d'euros. British Airways, qui a enregistré en 2007 des profits dont le montant est évalué à 712 millions de livres sterling, a connu en 2008 une perte de 375 millions de livres sterling, ce qui fait que le montant de ses pertes avant impôt d'avril au 30 septembre 2009 s'élève à 292 millions de livres sterling (un livre sterling équivalent à peu près à 1,66 dollar US), ce qui est un record de perte semestrielle dans toute l'histoire de la compagnie.

Pour ce qui est d'Air France, il a annoncé fin de l'année dernière qu'Air France-KLM a enregistré une perte de 573 millions d'euros durant le semestre allant d'avril à septembre 2009, que ses actions ont perdu près des deux tiers de leur valeur initiale durant ces trois dernières années et qu'à Paris, il a été exclu de l'indice CAC40. D'autre part, les neuf principales compagnies aériennes américaines ont connu une perte commune nette et totale de 578 millions de dollars US durant le troisième trimestre 2009. De son côté, Air India a connu jusqu'au mars 2009 une perte financière annuelle atteignant 875 millions de dollars US. La plus grande compagnie aérienne japonaise Japan Airlines International Co., Ltd a été forcée le 19 janvier dernier de déposer une demande de mise en faillite.

La sérieuse et grave situation économique oblige et force les compagnies aériennes a adopter d'urgence des mesures pour faire face. Et l'une de ces mesures c'est la fusion et la réorganisation afin de pouvoir trouver une issue dans l'effet de l'envergure. Par exemple, Lufthansa a fait officiellement l'acquisition de la compagnie aérienne autrichienne ; Delta Air Lines Inc. des Etats-Unis s'est réuni avec Northwest Airlines Corp. pour réaliser leur fusion et leur réorganisation en devenant la plus grande et plus puissante compagnie aérienne du monde quant à leur capacité de transport. Une autre mesure c'est de réduire le coût de revient et de stabiliser la source des clients. Les compagnies américaines ont décidé à cet effet la suspension de vol des avions de type ancien et désuet, de diminuer des lignes aériennes, d'élever les frais administratifs et d'améliorer le contrôle des clients par notation, ce afin de pouvoir trouver de nouvelles sources de revenus tout en réduisant les dépenses. Quant aux compagnies aériennes européennes, British Airways, par exemple, a décidé de fournir aux passagers seulement le petit déjeuner, la collation et les boissons et non plus le déjeuner et le dîner. Ce retranchement est réalisé tout en maintenant les prix des billets, ce qui permet de réduire le coût de revient. Deutsche Lufthansa AG pense de son côté de diminuer les prix des billets de vols à court distance, mais de ne plus offrir aux passagers ni pain ni boisson. Il existe pour les compagnies aériennes un autre moyen leur permettant de réduire le coût de revient, c'est de réduire directement ou indirectement la rémunération de leurs employés et de leurs travailleurs ou bien de procéder au licenciement en masse. Le 6 novembre dernier, British Airways, qui vient de publier le rapport sur son déficit financier, a annoncé le même jour le licenciement de mille deux employés et travailleurs pour diminuer le coût de revient d'exploitation. Et il est prévu que le nombre des personnes licenciées atteindra 4.900 personnes en mars prochain. Japan Airlines a décidé de son côté de licencier trente pour cent des ses effectifs, soit à peu près 15.700 personnes et il a invoqué pour cela la raison suivante : la crise financière fait pression sur l'employeur qui est forcé à son tour de faire pression sur les employés. Mais où il y a contrainte et oppression où il existe alors résistance et soulèvement. C'est cela la cause directe et principale de la grève. Même le Premier Ministre français François Fillon, dans un discours télévisé, a exprimé sa compréhension à l'égard des grévistes obligés de suspendre le travail.

Dans la plupart des cas, les grèves qui se succèdent dans un grand nombre de pays pourraient prendre fin par l'intermédiaire du gouvernement, qui procède à la conciliation et à la médiation, mais surtout grâce à l'aboutissement de compromis réciproques entre les deux parties employeuse et travailleuse après de rudes et répétées discussions et négociations. Mais il est hors de doute que les grèves successives occasionnent inévitablement de grosses pertes à l'économie du pays concerné et produisent des effets néfastes et négatifs sur la vie des habitants et sur l'ordre public social.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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