Le programme intensif de la Chine pour entrer dans l'ère du train à grande vitesse
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Français>>OpinionMise à jour 12.02.2010 10h17
C'est une erreur que de traiter la Chine en ennemi

Pour George Gilder, fondateur du Discovery Institute et auteur de The Israel Test, les Etats-Unis n'ont nul besoin de s'attirer l'hostilité de la Chine. Ainsi qu'il l'a écrit dans son article d'opinion publié dans le Wall Street Journal du 5 février, intitulé « Pourquoi s'attirer l'hostilité de la Chine ? », les deux pays dépendent l'un de l'autre. Extraits :

Alors que les Etats-Unis tentent de calmer le jeu avec quelques-uns de leurs ennemis irréductibles – l'Iran, la Corée du Nord, le Hamas, le Hezbollah, et même Hugo Chavez – ils traitent aujourd'hui la Chine, peut-être leur partenaire commercial le plus important, comme un adversaire parce qu'elle les défie sur le changement climatique, la dévaluation du dollar et la politique internet.

Tout cela a commencé en juin dernier quand le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner s'est permis de faire la leçon au Premier ministre Wen Jiabao. Il a interpelé M. Wen sur deux problèmes éminement discutables, aucun d'entre n'étant dans l'intérêt d'aucun des deux pays : le besoin qu'il y a de réduire la production d'énergie au nom du réchauffement global – un sujet que M. Geithner ne connait absolument pas – et le besoin qu'il y aurait de dévaluer le yuan chinois, ce dont on a du mal à imaginer qu'il arrivera à persuader la Chine, qui dispose de 1 000 milliards de dollars en réserves, de le faire.

Lors d'une récente réunion avec les sénateurs démocrates, le président Obama a persisté à affirmer que le dollar était trop fort par rapport au yuan, au moment même où la plupart des investisseurs du monde craignent justement que les Chinois ne le prennent au mot et provoquent un effondrement de la monnaie américaine.

Dans le même temps, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton et les amis du président chez Google tentaient d'intimider la Chine au sujet de sa politique internet. Il faut savoir que, bien que comptant deux fois plus d'internautes que les Etats-Unis, la Chine est à l'origine de moins de virus et d'arnaques que les Etats-Unis, et avec Taiwan, elle produit une quantité comparable de matériel internet. La protection de l'information sur internet est l'affaire des sociétés américaines et de leurs outils de protection, pas celle du Département d'Etat.

De même, leur vendre (à Taiwan) pour 6 milliards de dollars de nouvelles armes est une provocation inutile envers la Chine, qui n'apporte rien de valable ni à la défense de Taiwan ni à celle des Etats-Unis. Oui, c'est vrai, la Chine a traité avec dédain les efforts sans fin faits par les Américains pour rassembler sous sa bannière les assoiffés de pétrole antisémites et anti-américains pour mettre sur pied un programme réellement efficace de sanctions économiques contre l'Iran.

En temps de crise, la politique étrangère d'un peuple un tant soit peu sérieux devrait plutôt admettre que le régime chinois actuel est le meilleur que l'on peut attendre de ce pays. La revitalisation du capitalisme en Asie reste l'évènement positif le plus important qu'ait connu le monde lors des trente dernières années.

Avec des millions d'islamistes à ses portes et sur ses terres, la Chine est quasiment autant menacée que le sont les Etats-Unis. La Chine a également une part énorme dans l'économie capitaliste du monde, que les islamistes rêvent de renverser. Et la Chine, tout comme les Etats-Unis, est tellement dépendante du savoir-faire manufacturier taiwanais, et si intimement liée à l'industrie de l'île que ses menaces militaires contre elle ne sont essentiellement que de pure forme.

Bien que certains politiciens taiwanais rêvent encore d'une réelle indépendance, les entrepreneurs taiwanais qui comptent parmi les meilleurs du monde ont depuis belle lurette jeté leur dévolu sur les liens avec le continent. Deux tiers des entreprises taiwanaises, soit quelque 10 000 sociétés, ont fait des investissements substantiels en Chine ces cinq dernières années, pour un total de 200 milliards de dollars US. Et près de 750 000 Taiwanais résident en Chine pendant plus de 180 jours par an.

En incluant Taiwan, la grande Chine est le leader mondial actuel dans la fabrication et l'assemblage de puces électroniques, d'ordinateurs et d'équipements de réseau, sur lequel internet compte pour sa survie. Et quasiment toute l'électronique avancée américaine, ainsi que l'éminent chimiste Arthur Robinson l'écrivait le mois dernier dans son bulletin « Accès à l'énergie » est dépendante d'éléments de terres rares utilisés pour améliorer les performances des puces électroniques, éléments sur lesquels la société chinoise Baotou Steel Rare-Earth Hi-Tech Company située dans la région de Mongolie intérieure détient un quasi-monopole mondial.

Les Etats-Unis sont aussi dépendants de la Chine pour sa santé économique et militaire et sa croissance économique que la Chine est dépendante des Etats-Unis pour ses marchés clés, ses réserves financières et le régime de commerce capitaliste mondial.

Sacrifier cette synergie capitale située au coeur du capitalisme mondial sur l'autel de concessions que l'on espère obtenir sur le réchauffement climatique, la faiblesse du dollar ou la politique internet est une pure folie auto-destructrice.

De combien d'ennemis les Etats-Unis ont-ils besoin ?

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
Merci pour ce billet informatif et axé sur le pragmatisme.
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