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Français>>OpinionMise à jour 08.02.2010 13h09
La portée du « modèle chinois » trop large

Le développement de la Chine au cours des trois dernières décennies fût un thème dont parlait toute la communauté internationale. Joshua Cooper Ramo, un expert de la Chine contemporaine, a été le premier à résumer les raisons de la réussite économique de ce pays. Il estimait que la Chine avait une voie de développement qui convient aux conditions du pays et aux besoins de la société, et était à la recherche de l'équilibre et de la croissance de qualité.

Son explication de «consensus de Beijing» cite un travail acharné, l'innovation active, l'expérimentation courageuse, des progrès constants, le travail des talents, et la défense résolue de la souveraineté nationale, ainsi que les intérêts comme les clés du succès. «L'engagement à l'innovation et l'expérimentation continue » fût le principal élément de sa théorie du consensus de Beijing qui préconise le traitement des problèmes d'une manière souple et au cas par cas.

De nombreux commentaires ont depuis lors étendu le «consensus de Beijing » à un « modèle chinois », et de nombreux ouvrages sur ce thème ont paru. Leurs auteurs donnent différents comptes-rendus du soi-disant modèle chinois depuis des perspectives différentes. Beaucoup d'entre eux sont assez objectifs, mais il y a aussi des voix malveillantes d'idéologues qui prêchent la platitude de la « menace chinoise » et mettent en garde contre l'exportation du modèle chinois. En fait, ni le «consensus de Beijing» ni le «modèle chinois» n'ont été crées par la Chine.

Le mot «modèle» implique le concept de style, d'exemple, et signifie que la Chine pourrait l'enseigner aux autres pays. Mais la Chine n'a pas cette intention. Par conséquent, nous devons être très prudents en utilisant l'expression du «modèle chinois». Je préfère dire « le cas de la Chine» et d'y inclure les idées, les politiques, les pratiques, les réalisations et les problèmes du processus de développement de la Chine depuis la fondation de la République populaire, mais en particulier au cours de ces trois dernières décennies. Cela combine un système socialiste et une économie de marché. Il s'agit d'un processus plutôt que d'un statut, car il le pays est toujours en développement.

Certains Occidentaux affirment que le XIXème siècle fut le siècle britannique, car la Grande-Bretagne était le maître des océans à cette époque là. Le XXe siècle fut le siècle américain, en raison de la présence militaire et économique de ce pays dans le monde.

Mais le XXIe siècle sera le siècle de la Chine, ou du moins, celui de l'Asie. Si le siècle chinois ou le siècle asiatique signifie que la Chine et l'Asie vont connaître un essor économique et culturel, et ceci est un scénario probable. Si cela implique que la Chine va dominer le monde comme le Royaume-Uni et les Etats-Unis l'ont fait, ce serait faux. Compte tenu de la tradition culturelle de la Chine, et de la politique étrangère contemporaine, le pouvoir national et la volonté du peuple, l'hégémonie chinoise au XXIème siècle est simplement un fantasme et elle ne va jamais devenir une réalité. L'environnement international ne permettra pas la création d'une autre nation hégémonique.

L'année dernière, Martin Jacques, un chroniqueur britannique, qui est aussi chercheur, a publié un livre qui s'appelle « Quand la Chine dirige le monde» (« When China Rules the World ») dans lequel il prévoit que la Chine va devenir la plus grande économie mondiale d'ici 2050. Goldman Sachs a fait une prévision encore plus hardie, affirmant que le PIB de la Chine sera deux fois plus grand que le PIB des Etats-Unis d'ici 2050. Ces prévisions sont cependant beaucoup trop optimistes. Et même si elles se réalisent, la production par habitant en Chine sera restera moins importante par rapport aux Etats-Unis.

Mais malgré le titre choquant de son livre, la conclusion finale de Jacques est que la Chine ne sera pas le maître du monde. Il considère que la montée de la Chine se résumera surtout à la renaissance de la culture chinoise et la Chine pourra reprendre sa position d'une des plus grandes civilisations du monde.

La Chine n'a pas de motif pour exporter le soi-disant « modèle chinois ». Comme tout pays en développement, dans sa stratégie de développement, elle doit rendre compte de ses propres conditions nationales. Le soi-disant « modèle chinois » n'est pas universellement applicable, pas plus que le modèle de développement de tout autre pays industrialisé.

L'exhaustivité n'est véritable que lorsqu'elle est soumise à la diversité culturelle. Par exemple, la fraternité, la liberté, la paix et la démocratie sont des valeurs universelles. Mais pour les nations et les cultures différentes dans des différents stades historiques, des formes spécifiques de ces valeurs peuvent être très différents.

Francis Fukuyama, l'auteur de « La fin de l'histoire et le dernier homme» (« The End of History and the Last Man »), estimait que le système contemporain politique et économique occidental, c'est le comble, et la finalité de l'histoire humaine, et par conséquent, l'histoire a pris fin. Il n'a pas pris en considération les innovations récentes dans le système occidental, et a rejeté les valeurs des systèmes actuels et futurs des autres pays. En utilisant la démocratie occidentale et le marché libre comme seule référence, il a ignoré les contextes historiques et culturels variés de l'humanité, et a rejeté le fait que la diversité du monde existe. Par conséquent, sa théorie n'a pas résiste à l'épreuve du temps.

La théorie du cas de la Chine est un processus qui se poursuit et il va continuer à se développer. Bien que la Chine ait déjà beaucoup avancé dans son développement, des difficultés se sont montées aussi. La croissance économique a mis l'environnement en Chine dans un état catastrophique. Le développement économique et social n'est pas équilibré entre les zones urbaines et rurales, et entre des différentes régions du pays. L'économie est excessivement orientée sur l'exportation. Le développement stable de l'agriculture et la croissance durable des revenus des habitants en zone rurale sont devenus encore plus difficiles à effectuer. De nombreux problèmes liés à l'emploi, le système de sécurité sociale, la répartition des revenus, l'éducation, la santé, la justice judiciaire, l'ordre public et autres domaines, doivent encore être résolus. La corruption est encore très importante dans le pays. Faisant face à de nombreux problèmes épineux d'ordre national, la Chine continuera à accorder la priorité à ses affaires internes.

La Chine n'admire pas et n'espère pas obtenir le statut d'une superpuissance. Pendant de nombreuses années, le pays s'était surtout concentré sur le développement national et a tenté de résoudre ses propres problèmes. Avec la puissance nationale ascendante, la Chine est disposée à assumer la responsabilité internationale qui correspond à ses capacités.

Par exemple, dans le passé, la Chine n'avait pas participé aux missions de maintien de la paix des Nations Unies. Maintenant, le pays a envoyé plus de soldats de maintien de la paix pour l'ONU que n'importe quel autre membre permanent du Conseil de Sécurité. La Chine a renforcé son engagement de relever les défis mondiaux comme le changement climatique, la pollution de l'environnement, les catastrophes naturelles, le terrorisme, la criminalité transfrontalière, la contrebande de la drogue et les épidémies. Peut-être que d'ici le milieu de ce siècle, lorsque la Chine sera devenue un pays développé, elle pourra offrir une compréhension plus approfondie du «cas chinois » et d'apporter une plus grande contribution à la communauté internationale.

L'auteur de cet article Zhao Qizheng est le directeur de la commission des Affaires étrangères du Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois. L'article a été publié pour la première fois dans le dernier numéro de China Reform.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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