100 chansons patriotiques/Edition du week-end/Notre site/Archives/

 
Français>>OpinionMise à jour 11.01.2010 08h07
"La Chine a le droit de réussir", selon le directeur adjoint de la rédaction du Point (interview)

"Critiquer la Chine parce qu'elle a réussi me semble une bêtise, la Chine a le droit de réussir", a affirmé Etienne Gernelle, directeur adjoint de la rédaction du magazine hebdomadaire français Le Point, lors d'un entretien avec l'agence de presse Xinhua.

Fin 2009, Le Point a consacré un numéro spécial à la Chine. Dans cette édition de quelque 80 pages, des correspondants ont raconté de façon "équilibrée" une Chine dont le développemet est tout à fait "stupéfiant", selon M. Gernelle, responsable de ce numéro spécial.

Divisé en cinq parties, à savoir l'empire du business, le grand réveil culturel, l'autre superpuissance, une société en ébullition, ainsi que la politique: Mao, où es-tu?, le magazine a publié une trentaine d'articles portant sur l'évolution de la Chine, dont "Quand le monde volera chinois", "Le nouveau paradis du luxe", "La femme qui change les pierres en or", "Chinawood contre Hollywood", "Une littérature de francs-tireurs", "Objectif Lune", "Shanghai, terre promise", "Pékin, nuits électriques", "Madame 140 millions de téléspectateurs", "Mao Zedong, mon grand-père" et "Comment on devient communiste".

En réponse à la question du correspondant de l'agence Xinhua pour savoir les raisons de consacrer un numéro spécial à la Chine, M. Gernelle a fait remarquer que la Chine est "très loin et tout près" de la France, "parce que la moitié des choses dans mon bureau sont peut-être fabriquées en Chine, mon portable iPhone par exemple, j'ai vu il y a deux ans une usine à Shenzhen qui fabrique iPhone... C'est tout près et ça nous concerne tous les jours".

"Pour nous, l'émergence de la Chine est un événement depuis 20 ans. Cette année, ça a pris une dimension nettement plus grande. En ce sens, on savait que la Chine est devenue une puissance industielle, une puissance commerciale majeure et est en train de devenir une puissance mondiale politique. Ce qui s'est passé avec la crise, en 2009, c'est qu'on a vu que l'Occident a subi une récession assez violente, même si elle a été atténuée par le plan de relance, et que la Chine en 2009 a terminé avec une croissance supérieure à 9%. Ca traduit un décrochage et il y a quelque chose qui s'est passée: la Chine a déjà dépassé l'Allemagne, la France, la Grande-Bretagne en terme de PIB, le Japon probablement l'année prochaine. Les Etats-Unis sont encore très loin, mais disons qu'à partir de maintenant, ça paraît que c'est possible que la Chine devienne la première puissance mondiale. Donc c'est pour ça qu'on a voulu faire cet essai pour dire que voilà il y a quelque chose qui s'est passée cette année, et ça devient une hypothèse envisageable", a déclaré M. Gernelle.

Un point de vue également partagé par le président-directeur de la publication du magazine, Franz-Olivier Giesbert, qui a considéré la Chine comme "l'un des acteurs majeurs de la planète".

"On le savait depuis le G20, on en a encore eu la confirmation avec le sommet de Copenhague: rien ne peut se faire sans elle", a indiqué M. Giesbert. "Quel est le secret de cette créativité, de cet incroyable bouillonnement? C'est ce que nous avons tenté de savoir en laissant de côté nos préjugés ou nos partis pris et en allant voir sur le terrain le décor et son envers", a écrit M. Giesbert dans son éditorial.

"La première fois que j'ai été en Chine, c'est en 1999 et j'étais étudiant à Science Po, j'avais arrêté mes études pendant un an pour faire un tour d'Asie à vélo, donc j'ai traversé la Chine à vélo", a fait savoir M. Gernelle. Pour lui, il s'agit d'une aventure permettant de connaître la Chine.

"Depuis dix ans, j'ai pu voir l'évolution de la Chine, c'est tout à fait stupéfiant. Il y a dix ans, si on dit que la Chine deviendrait un jour la première puissance mondiale, j'aurais peut-être ri. C'est vrai qu'il y a encore beaucoup de chemins (à parcourir pour la Chine), mais ça paraît plus de l'ordre du possible".

"On doit pas, nous, les Européens, les Français, regarder ça (développement de la Chine) avec crainte, parce que tout cela n'est que justice. J'ai beaucoup visité des usines en Chine, on voit bien des gens qui travaillent, qui ont du mal, qui sont intelligents, qui produisent des efforts inouïs depuis 30 ans pour transformer un pays arriéré. Ces héros anonymes de la renaissance chinoise ont fait quelque chose assez stupéfiante en 30 ans, et ça mérite d'être souligné qu'un pays à moitié miséreux, même à la fin des années 70, peut prétendre à devenir un jour la première puissance mondiale, même si le chemin est encore extrême long", a indiqué M. Gernelle.

Sur la question concernant la hostilité de certains occidentaux vis-à-vis de l'ascension de la Chine, M. Gernelle "pense qu'ils ont tort". "Nous continuons à être critiques envers la Chine... En revenche, critiquer la Chine parce qu'elle a réussi me semble une bêtise, la Chine a le droit de réussir, elle a le droit de s'en tirer, elle a le droit de vouloir sortir de l'état où elle était il y a 30 ans, elle a le droit de vouloir s'enrichir, de vouloir améliorer son niveau de vie, de vouloir améliorer sa position dans le monde... c'est le droit le plus absolu du monde. Il me semble terrifiant de l'intention de certains occidentaux de vouloir l'empêcher au nom de quoi, on n'est pas propiétaire de la domination mondiale pour l'éternité. C'est absurde, en plus ça me semble méprisant".

"Il y a évidemment des préjugés sur la Chine en France, d'abord, combien de Français sont déjà allés en Chine? Pas beaucoup... Nous, en tant que journaliste, notre travail est d'aller voir, de regarder nous-même", a-t-il indiqué.

Pour M. Gernelle, s'il existe des préjugés sur la Chine, c'est parce qu'il s'agit d'un monde que "les Français ne connaissent pas, qui leur fait peur et qui trouble leur confort". "Mais d'ailleurs, je pense qu'il y a une grande curiosité sur la Chine. Visiblement, on voit que le numéro se vend bien, et il y a deux ans, quand on a fait un autre numéro, c'est aussi très bien vendu. Une certaine forme de fascination, à la fois culturelle et historique, et puis il y a toujours une fascination pour ceux qui réussissent. C'est assez impressionnant".

"Reconnaître une vérité chinoise à part entière, en évitant les écueils de l'exotisme, générateur de fantasmes, ou d'un ethnocentrisme condescendant, a été difficile. Aujourd'hui, dans notre attitude, il y a mélange de crainte et de dépit. La Chine nous dérange parce qu'elle brouille l'idée que nous avons de nous-mêmes", a reconnu le sinologue Cyrille J.-D Javary, dans une interview parue dans le magazine spécial, qui a invité les occidentaux de respecter le mode de pensée des Chinois afin de franchir le fossé entre les deux parties.

Source: xinhua

Commentaire
Nom d'utilisateur Anonyme  
  
  
  
Une nouvelle vague de froid arrive sur la Chine avec encore plus de chutes de neige dans les jours à venir
Chine : Le revenu touristique serait en hausse de 9% en 2009
La France commence à envisager sérieusement la réalité chinoise
Le monde 2009 aux yeux des Chinois
La Chine de 2009 : être « incomprise » en tant que pays émergent
La Chine et l'Europe : plus partenaires qu’adversaires
Montée rapide d'une conscience civique au sein de la societe chinoise