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Mise à jour 14:59
Etre gay : la vie n'est pas facile
Le sexologue de Qingdao Zhang Beichuan (à droite) discute avec son mentor Qin Shide en mai dernier

Gu Du a été victime d'extorsion. On l'a fait chanter, son patron l'a admonesté et il a failli être renvoyé.

La raison est simple : Gu Du est gay.

Du travaillait dans la conception de machines d'une entreprise de Chengdu. Son père était auparavant le patron de cette entreprise d'Etat et sa mère travaillait pour le syndicat de cette même entreprise. Il partageait une chambre du dortoir de la société avec quelques collègues et surfait le Net après le travail.

Un soir, il y a environ six mois, il a été surpris par un des copains de chambre en train de surfer un site gay. Gu Du a d'abord nié être gay, mais son collègue ne l'a pas cru.

Ce collègue a voulu le faire chanter : Du devait lui verser 5.000 yuans (616 dollars) en échange de son silence, sinon il irait tout rapporter au patron.

Du était en proie à l'inquiétude, mais pensait que son collègue bluffait. Quelques jours plus tard, il était convoqué dans le bureau du directeur.

« J'ai entendu dire que vous vous êtes engagé dans le vandalisme » dit-il, utilisant un terme qui couvre un acte aussi répréhensible que le viol mais également aussi anodin que de dire m.... ou « shua liu mang » en chinois.

Du nia avoir mal agi mais reconnut être gay, il avait effectivement surfé quelques sites gays lors de son temps libre. Il ne surfait, toutefois, aucun site porno.

Son patron ne s'inquiétait pas de ce genre de détails, il voulait lui infliger une peine sévère.

Avant d'en arriver là, Du dut affronter la plus dure épreuve entre toutes : faire face à ses parents.

Son père était furieux. Il le déshérita : « je te renie, tu n'es plus mon fils »

Sa mère ne put supporter le choc, elle dut être hospitalisée. Son frère et sa soeur refusèrent de lui parler ; ils avaient honte d'avoir un frère anormal.

Plongé dans un profond désarroi, Du pensa à se suicider. « Je ne pouvais pas aller travailler. Je n'avais pas été renvoyé, mais je devrais subir le regard désapprobateur de mes collègues », dit-il au quotidien China Daily.

Finalement, il partit pour Hangzhou où il ne connaissait personne et où personne ne savait qu'il était gay.

Pression familiale

En novembre dernier, les agences du gouvernement publièrent un rapport selon lequel le nombre de gays en Chine à être sexuellement actifs étaient de 5 à 10 millions. Cette estimation est tirée vers le bas, à en croire les dires des scientifiques. Il y aurait en fait 30 à 40 millions d'hommes et de femmes gays dans le pays.

En 1997, la sodomie ne fut plus considérée comme un crime. En 2001, être gay fut retirée de la liste des maladies mentales.

Mais la perception du public, quant-à elle, n'a pas changé d'un pouce. Presque tous les sondés sont d'accord pour dire que la plus grande pression, celle qu'ils redoutent plus que tout, est celle de la famille. « Mon employeur ne se préoccupe pas de ma vie privée, et les commères du quartier ne sont plus aussi curieuses qu?avant. Mais il m'est impossible d'avoir le soutien de mes parents » ,déclare Lu Youni, un professeur de lycée de Guangzhou.

Les parents ne s'imaginent pas un seul instant que leur enfant puisse être gay. En règle générale, ils ne perçoivent pas les signes très discrets qui laissent voir que leur enfant est homo. Lorsque arrive la révélation, les parents ont le sentiment de tomber dans un gouffre sans fond, d'où ils ne ressortiront jamais.

Il existe des cas très rares où les parents semblent fermer les yeux. Certains sont suffisamment bien informés pour savoir que leur enfant gay n'est pas malade, seulement qu'il est différent ; c'est tout. D'autres acceptent la vérité tant que leurs enfants sont heureux et bien dans leur peau.

Le piège du mariage

Le film « Le banquet » du réalisateur Ang Lee raconte l'histoire d'un jeune gay qui est obligé de se marier. Ce sort est celui qui attend 80 à 90% des jeunes, selon les enquêtes qui ont été menées.

Traditionnellement, les Chinois ne désapprouvaient pas la vie gay autant que les chrétiens du monde occidental. Sous la dynastie des Han, par exemple, c'était « chic de mener une telle vie ». Néanmoins, les Chinois accordent une très grande importance à perpétuer la lignée familiale. » Si un homme n'est toujours pas marié lorsqu'il a trente ans, ses parents feront tout pour lui trouver « chaussure à son pied ».

« Que faire ? Si je ne me marie pas, cela brisera le coeur de mes parents. Si je me marie, je ruinerai la vie d'une jeune fille », se lamente Lu Youni, le professeur de Guangzhou qui malgré lui a été obligé de sortir avec une jeune fille.

Ces mariages se terminent en général par une tragédie. Ils, néanmoins, permettent de faire baisser la pression familiale.

« La discrimination rend la vie des gays très difficile », déclare Cai Yumao, un expert en médecine de Shenzhen, impliqué dans le programme Arc-en-ciel. Son objectif est d'apporter aux gays qui le désirent des conseils en matière de santé.

Nouvelles tendances

Un autre danger de marginaliser la communauté gay, c'est l'apparition de « gay en échange d'argent » ou de « garçons qui demandent à être payés ». Ces gens ne sont pas vraiment gays, ils demandent à être payés pour leur service. Ils sont souvent partie prenante dans d'odieux chantages, jouant sur la peur des gays de sortir au grand jour. Des vols et même des meurtres ont été rapportés.

En dépit de ces points noirs, la vie des gays, dans l'ensemble, s'est améliorée. L'Internet y a joué un grand rôle : ils croyaient auparavant qu'ils étaient seuls au monde, maintenant ils peuvent se tourner vers des communautés en ligne pour chercher de l'aide, se faire des amis et trouver l'âme soeur. Cela donne lieu à plusieurs histoires d'amour, les gens découvrent que la vie des gays peut être aussi romantique, passionnée et brise-coeur que la leur.

Le plus encourageant, c'est la création de hotlines et de centres de santé dans des villes comme Shenzhen, Chongqing et Guangzhou. Ici, ils peuvent trouver des spécialistes en cas de besoin. Ils peuvent également faire des tests du sida gratuits et anonymes.

Entre temps, Gu Du n'a pas abandonné l'idée que ses parents finiront par accepter la vérité. Mais à chaque fois qu'ils les appelle, ils raccrochent.

Peut-être devrait-il leur envoyer un exemplaire du livre de Li Yinhe, l'une des plus grands experts de toute la Chine sur l'homosexualité, ou les paroles de son mari, lui même un sociologue de grande réputation : « toute relation solide, stable et amoureuse devrait être respectée. Les gays devraient voir la vie du bon coté ».



Le film gay « East Palace, West Palace » est réalisé par Zhang Yuan
Le réalisateur chinois gay Cui Zien demande à ce que la communauté gay et lesbienne soit mieux traitée
Le parc de Dongdan, dans le centre-ville de Beijing, est un lieu de rencontre pour gays

Source: le Quotidien du Peuple en ligne 13/09/2005



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 Le gouvernement chinois commence à prêter une haute attention au contrôle du sida parmi les homosexuels
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