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Français>>EconomieMise à jour 10.04.2012 10h36
L'Afrique se tourne vers la Chine pour son financement

Les pays en développement ont aujourd'hui plus de choix pour trouver des prêts.

Les pays émergents peuvent en effet désormais se tourner vers la Chine et d'autres nouvelles puissances économiques pour trouver les fonds nécessaires à leur développement, selon un homme politique africain de premier plan.

« L'émergence des pays du BRICS comme la Chine, le Brésil et l'Inde offre une alternative à l'Afrique et aux autres pays en développement pour les investissements dont ils ont tant besoin, sans avoir à passer par l'ancien bazar », a déclaré John Dramani Mahama, Vice-président du Ghana.

Selon M. Mahama, l'Afrique dispose bien de ressources mais ses infrastructures sont insuffisantes.
M. Mahama a déclaré que la Guerre Froide et l'influence des États-Unis en Afrique ont quasiment obligé les pays de la région à rechercher les ressources nécessaires à leur développement auprès du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale.

Le Vice-président ghanéen s'est exprimé à quelques jours de sa visite à Beijing jeudi pour signer un prêt de 3 milliards de Dollars US auprès de la Banque chinoise de développement.

Considéré comme le plus grand prêt accordé à ce jour à une nation de l'Afrique de l'Ouest, cet argent sera destiné au développement degrandes infrastructures, comme un nouveau gazoduc, des ports de pêche, des routes et des lignes de chemin de fer.

M. Mahama, s'exprimant de sa résidence officielle d'Osu Castle à Accra, qui surplombe le Golfe de Guinée, a ajouté que le Ghana était également en discussions avec le Brésil pour conclure un prêt similaire, mais plus petit, de l'ordre de 1 milliard de Dollars US.

Le prêt consenti par la Banque Chinoise de Développement, le plus important prêteur de devises de Chine, a cependant subi d'importants retards.

Du fait de la situation financière délicate du Ghana, il a fallu obtenir l'accord d'une tierce-partie, le FMI, ce qui signifie que tout prêt supplémentaire devra faire l'objet d'un examen afin d'éviter que ce pays ne s'endette davantage.

Le FMI a finalement donné son feu vert en décembre dernier, et le Parlement du Ghana a donné son accord en février.

Gong Jianzhong, Ambassadeur de Chine au Ghana, a déclaré qu'il avait bien du mal à comprendre ces retards.

Le protocole d'accord a été signé durant la visite du président ghanéen John Atta Mills en Chine en septembre 2010.

« Je ne sais vraiment pas pourquoi ce prêt a été bloqué pendant plus d'un an. Le Ghana est à un stade crucial de son développement - comme la Chine il y a 30 ans - et a besoin de l'aide de l'extérieur pour développer ses infrastructures », a déclaré M. Gong.

Le nouveau prêt a été critiqué, pour la raison que les entreprises chinoises seront les principales bénéficiaires des travaux d'infrastructure.

M. Mahama a cependant insisté sur le fait qu'il existe des dispositions en faveur des entreprises ghanéennes et d'autres pays, leur garantissant 40 % des contrats.

« Ce n'est pas comme si la Chine nous donnait 3 milliards de Dollars US d'une main et qu'elle reprenait de l'autre tous les contrats et son argent », a-t-il dit.

Il a insisté sur le fait que la construction d'infrastructures est essentielle au développement du pays, dont les routes et d'autres installations en mauvais état absorbent près de 3 % du PIB du pays.

« Si vous avez des ressources, mais pas les infrastructures nécessaires pour exploiter ces ressources, alors elles sont inutiles. Vous ne pouvez pas faire circuler vos produits si vous n'avez pas de bonnes routes, et si vous n'avez pas beaucoup de ponts, une bonne partie du pays est inaccessible. Vous devez accroître la production d'énergie afin d'être en mesure d'alimenter les industries, et nos besoins en énergie devraient augmenter quoi qu'il advienne entre 7 et 10 % par an », a-t-il dit.

« La Chine a une économie en pleine croissance et elle a besoin de ressources naturelles ; l'Afrique dispose justement de ces ressources naturelles, mais elle aussi besoin d'argent pour son développement afin que leur réunion et le développement d'une coopération plus étroite deviennent une opération gagnant-gagnant pour les deux côtés », a-t-il dit.

Deng Yanting, chercheur à l'Académie Chinoise des Sciences Sociales, a déclaré que la réorientation des partenariats financiers des pays de l'Afrique de l'Ouest vers les puissances émergentes comme la Chine et l'Inde va certainement jouer un rôle important dans le futur système financier mondial.

« Le système financier international connaît des changements profonds et le fait que l'Afrique soit à la recherche de davantage d'aide de la part des puissances émergentes donnera aux pays en développement une voix plus forte et un terrain commun dans le processus de réforme », a-t-il dit.

M. Mahama a insisté sur le fait que l'Afrique est en train de changer et qu'elle pourrait être l'une des plus belles réussites économiques du 21e siècle. Le Ghana lui-même a bénéficié d'une croissance économique à deux chiffres ces dernières années.

« Dans le passé, chaque fois que l'on parlait de l'Afrique dans les médias, on n'y voyait que des guerres civiles, des sécheresses, des famines où les enfants mouraient. C'est l'image qui s'est imprimée dans l'esprit des gens par le biais des médias et, par conséquent ils ne voient pas ce qui change en Afrique », a-t-il dit.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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