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Français>>EconomieMise à jour 18.03.2012 09h32
La taxe carbone dans le collimateur : les patrons de l'aviation redoutent un atterrissage forcé

Les dirigeants d'Airbus, à la tête des compagnies aériennes et de l'aviation européennes ont écrit aux responsables politiques de l'Europe les priant de bien vouloir prendre en compte l'impact qu'aurait une intensification de la taxe carbone sur leur activité commerciale. Le courrier a été transmis aux Premiers ministres de Grande-Bretagne, France et au Chancelier d'Allemagne, selon un communiqué d'Airbus de lundi.

Les neuf signataires soulignent dans la lettre que les mesures de rétorsion de la Chine et d'autres pays opposés au système d'échange de quotas d'émissions (ETS) entraînent de graves conséquences pour l'industrie aéronautique de la région et mettent en péril des milliers d'emplois.

“L'Europe peut difficilement tolérer une telle situation dans le climat économique actuel”, écrivent les chefs d'entreprises dans ce courrier.

La Chine a suspendu ce mois-ci son option d'achat d'avions Airbus, d'un montant de 12 milliards de dollars, confirmée plus tôt par Airbus. La société estime que cette decision de suspension pourrait compromettre plus de mille emplois Airbus en Europe et autant dans la chaîne d'approvisionnement.

Le porte-parole d'Airbus, Stefan Schaffrath, a déclaré que son entreprise étudiait "les menaces de rétorsion de 26 pays , en particulier en provenance de Chine", a rapporté Associated Press le 8 Mars. Les commandes suspendues concernent 35 avions A330 et 10 super-jumbos A380, précise Schaffrat.

Le Wall Street Journal a rapporté lundi que le nouvel ambassadeur de la Chine auprès de l'Union européenne, Wu Hailong, a déclaré qu'il «fait sens» pour les compagnies aériennes chinoises à se passer des avions fabriqués en Europe, compte tenu de la la taxe de l'UE sur les émissions des aéronefs.

Wu a déclaré aux journalistes que la décision de l'UE de soumettre à l'impôt des compagnies aériennes non-européennes » alimente le dilemme actuel," rapporte le journal.

Le principal concurrent d'Airbus, qui a d'importants intérêts sur le marché chinois, est le groupe américain Boeing.

Luo Zhuping, secrétaire du conseil de China Eastern Airlines, a déclaré que les besoins commerciaux de l'entreprise détermineront si elle continuera à acheter des avions Airbus.

«Cela dépend. Les décisions sont fonction de l'économie," a déclaré Luo dans un entretien lundi, au micro de China National Radio.

Lorsqu'on lui demande si la société va geler ou annuler ses commandes en cours d' avions Airbus, Luo ne se prononce pas catégoriquement : "Nous n'avons pas dit que nous allions rompre le contrat, ni que nous ne passerions pas les commandes" a-t-il répondu.

L'UE a decidé d'instituer une taxe carbone sur les emissions de gaz carbonique du secteur aérien, qui a pris effet au 1er janvier 2012, mais aucun transporteur ne sera soumis au projet de loi avant 2013, le temps de calculer les émissions de carbone de cette année.

L'UE a rappelé que la taxe aidera le groupe des 27 nations à atteindre son objectif de réduction des émissions de carbone de 20% d'ici 2020 et qu'elle ne reculera pas sur ce plan.

L'autorité de l'aviation chinoise a publié en février un avis visant à ce que les transporteurs chinois ne paient pas la taxe, sauf avec la permission du gouvernement.

Vingt-neuf pays, au total, y compris la Chine et la Russie, ont signé le 24 février un accord qui s'oppose à cette taxe.

Les neuf chefs d'entreprises s'attendent à ce que la «liste s'allonge des suspensions, des annulations et des actions punitives, tant que d'autres marchés importants continuent de s'opposer à l'ETS". Ils demandent des pourparlers en urgence à l'échelon du Conseil européen, ajoute la direction d'Airbus.

Les représentants du gouvernement et des entreprises ont pris note du contenu de la lettre.

"Même à l'intérieur de l'UE, on entend dire que la loi n'est pas vraiment convaincante," remarque Chai Haibo, secrétaire général adjoint de l'Association chinoise du transport aérien, dans le China Daily de lundi.

Maintenant, il est temps pour l'UE de reconsidérer la légitimité de la loi."

L' ETS impose un lourd fardeau aux compagnies aériennes chinoises.

L'industrie aéronautique chinoise aura à payer en plus, par an, environ 800 millions de yuans (126 millions de dollars) pour l'ETS, en se basant sur les normes actuelles, et cette somme s'élèvera à 18 milliards de yuans en 2030, selon Li Jiaxiang, le ministre de l'Administration de l' aviation civile de Chine.

Frank Puettmann, un porte-parole de Lufthansa, a confié à China Daily que l'impact de l'ETS sur Lufthansa serait très fort. "A en juger par la tendance moyenne des prix certifiés, Lufthansa s'attend à engager des dépenses supplémentaires de 130 millions d'euros (171 millions de dollars) en 2012," a-til
dit.

Les autorités civiles de plusieurs pays, de même que les gouvernements, ont également fait part de leurs objections envers l'ETS.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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