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Français>>EconomieMise à jour 15.03.2012 09h07
Une solution étape par étape pour les relations commerciales sino-américaines

Fondamentalement, le déséquilibre commercial sino-américain est le reflet du déséquilibre économique mondial. Mais cela ne devrait pas pour autant être interprété comme voulant dire que c'est une question simple.

Les élus au Congrès des Etats-Unis mettent le déséquilibre commercial sino-américain sur le compte du taux de change du Yuan et affirment que la Chine est responsable du chômage élevé aux États-Unis. Et même si les non-deliverable forward (NDF ; instruments destinés à couvrir le risque de change sur une devise partiellement convertible et qui ne se traitent pas sur le marché du change à terme) en Yuans se sont dépréciés sur le marché de Hong Kong, ils soutiennent encore que la monnaie chinoise devrait être réévaluée de 20 à 40 %. C'est ridicule.

Une des raisons de l'augmentation de l'excédent du compte courant de la Chine depuis 2002 est que ses exportations ont été stimulées par une demande extérieure elle-même stimulée par la frénésie irrationnelle des consommateurs américains, le prix de l'énergie et des ressources mondiales et les assouplissements excessifs de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine après les attentats terroristes du 11 septembre 2001.

En outre, suite à l'entrée de la Chine dans l'Organisation Mondiale du Commerce en 2001, les capitaux internationaux ont afflué vers la Chine, ce qui a entraîné la croissance rapide de son excédent commercial industriel. La Chine a également adapté ses institutions économiques pour répondre aux exigences de l'OMC et elle a donc réussi à améliorer son efficacité logistique.

D'un point de vue structurel, l'excédent commercial de la Chine ne concerne que son industrie de transformation. Car dans le commerce en général, la Chine connaît en fait un déficit commercial. La raison en est la double structure économique de la Chine et sa main d'œuvre bon marché. Par ailleurs, la structure économique de la Chine et celle des Etats-Unis sont différentes. L'excédent commercial de la Chine est le résultat d'une demande intérieure insuffisante. Il a été obtenu au prix du sacrifice des intérêts des travailleurs. Les activités de transformation représentent 50 % du commerce extérieur de la Chine et ne rapportent que peu de bénéfices aux entreprises chinoises, la plus grande part des bénéfices allant à des sociétés multinationales.

Le déficit commercial des États-Unis est lui le résultat d'une épargne insuffisante et de dépenses excessives, tant du gouvernement que des ménages. Le taux d'épargne national des Etats-Unis a diminué, passant de 13 % dans les années 1990 à moins de 1 % aujourd'hui. Les Etats-Unis ont un besoin urgent d'accroître l'épargne et de réduire leurs dépenses gouvernementales, tandis que la Chine a elle besoin d'ajuster la redistribution des revenus afin d'accroître sa demande intérieure.

Enfin, il convient de noter que la proportion de l'excédent du compte courant de la Chine par rapport à son PIB est effectivement en baisse. L'excédent commercial par rapport au PIB en Chine a progressivement augmenté à compter de 2001, et il a atteint un sommet, à environ 8 %, en 2008. Par la suite, il a baissé graduellement. En 2011, il était d'environ 2 %, soit en dessous de la norme internationale généralement reconnue, qui est de 3 %.

Pour résumer, dans le processus de mondialisation, la Chine a offert des produits à prix bas aux consommateurs du monde entier. En retour, les consommateurs du monde entier ont bénéficié d'un coût de la vie moins élevé et de faibles taux d'inflation, et l'économie mondiale a connu un développement durable. L'énorme contribution apportée par la Chine devrait être reconnue et saluée par la communauté internationale.

Il existe trois façons d'apprécier le taux de change réel du Yuan.

Tout d'abord, permettre une réévaluation substantielle et unique du taux nominal de change du Yuan tout en maintenant des salaires bas. Cela aurait pour conséquence que le coût des produits chinois augmenterait pour les monnaies étrangères, que les exportations seraient considérablement réduites, et que l'excédent commercial diminuerait. Mais à mon avis, cette solution aurait un impact négatif considérable sur la Chine, car elle provoquerait du chômage et une stagnation de la transformation économique de la Chine. En règle générale, les bénéfices des entreprises à forte main d'œuvre sont réduits, et même une réévaluation modérée du taux de change rendrait la vie difficile pour ces entreprises. Cela entraînerait également une baisse des revenus des habitants, et donc de la consommation.

Deuxièmement, le prix des terrains, des loyers, des ressources et les salaires augmentent tous en Chine. Donc, même si le taux de change nominal peut rester inchangé, le taux de change réel augmentera. En conséquence, les prix des produits et les coûts d'exportation augmenteront. Et c'est ainsi que l'excédent commercial sera réduit. Toutefois, dans le contexte mondial actuel, ce n'est pas faisable.

Troisièmement, la soi-disant la politique doublement progressive des augmentations salariales progressives et de la réévaluation progressive du Yuan. Les ajustements des taux de change nominaux et l'augmentation relative des prix se traduiront par une hausse des coûts de production pour les entreprises chinoises, et, par conséquent, l'excédent commercial diminuera progressivement. Cependant, les augmentations salariales en Chine et la réévaluation du Yuan doivent être contrôlées afin de maintenir un développement économique stable, sain et durable.

Dans son Discours sur l'Etat de l'Union, le président américain Barack Obama a soutenu que les États-Unis devraient bloquer les produits chinois qui entrent aux États-Unis et obtenir de la Chine qu'elle réévalue le Yuan. Mais en Chine, tout le monde connaît l'histoire de Yu le Grand qui maîtrise les eaux du Fleuve Jaune: le père de Yu a passé neuf années à construire une série de digues pour bloquer les eaux, mais a échoué ; de son côté, Yu a creusé un grand nombre de canaux pour guider l'eau et a réussi.

Le président Obama a également fait valoir que les États-Unis ne devraient pas augmenter la part de leurs produits sur le marché chinois ou étendre leur coopération commerciale avec la Chine. Pourtant, lors de la période du 12e Plan Quinquennal (2011-2015), les importations chinoises devraient atteindre 10 000 milliards de Dollars US. Avec un gâteau aussi énorme, le pays qui prendra la plus grosse aura une croissance plus forte et verra son emploi augmenter. Les Etats-Unis ont limité leurs exportations de produits high-tech vers la Chine, ce qui offre beaucoup d'occasions commerciales à des pays comme le Japon et l'Allemagne.
Le plus gros casse-tête de l'administration Obama est la création d'emplois. Mais cela sera impossible si elle se contente d'essayer de faire revenir aux États-Unis des industries traditionnelles de main-d'œuvre et de ressources. Au lieu de cela, les Etats-Unis devraient plutôt mettre en évidence leurs avantages concurrentiels dans les industries à forte intensité en savoir et à forte intensité en technologie.

Je voudrais donc donner quelques conseils au président Obama : qu'il assouplisse les restrictions sur les exportations de technologies de pointe vers la Chine, qu'il encourage et accroisse les investissements chinois dans la reconstruction d'infrastructures aux États-Unis, et qu'il combine les avantages de talents à faible coût de la Chine avec l'avantage technologique des Etats-Unis dans le domaine des industries énergétiques et environnementales.

C'est en renforçant la confiance bilatérale et la coopération économique que les Etats-Unis seront en mesure de partager les fruits du développement économique de la Chine.

L'auteur, Xu Hongcai, est Directeur adjoint du Département de l'Information du Centre Chinois pour les Echanges Educatifs Internationaux.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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