Notre site/Nouvelles bilingues/Dernières nouvelles/Archives/

 
Français>>EconomieMise à jour 11.10.2011 15h54
C'est l'occasion ou jamais pour l'UE et la Chine

Les investissements croissants de la Chine en Europe, y compris l'achat d'obligations annexes de l'eurozone contribuent à soutenir la valeur de l'Euro et à rassurer les marchés, en particulier dans ces temps troublés. Ce genre d'investissements chinois est apprécié de pays comme la Grèce, le Portugal, l'Espagne et l'Italie, qui sont étranglés par des finances publiques dont l'état ne cesse de s'aggraver.

Cette tendance à l'activisme économique de la Chine offre tant à Beijing qu'aux pays européens endettés une opportunité de renforcer leurs relations bilatérales, y compris le rôle que la Chine peut jouer pour résoudre la crise de la dette de l'Europe, et les concessions que l'Europe sera disposée à faire.

Les déclarations des dirigeants chinois apportant leur soutien à l'eurozone ne sont pas une nouveauté. Cela fait de nombreuses années que Beijing a épousé l'idée d'une monnaie commune européenne. Cela est dû à l'importance du marché de l'Union Européenne pour les exportations chinoises : à l'heure actuelle, l'UE est le principal partenaire commercial de la Chine et elle partage l'idée de la Chine de créer un système monétaire international où le Dollar US est moins dominateur.

La Chine a commencé à diversifier ses avoirs en monnaies autres que le Dollar en 2011 en achetant bien plus de dette gouvernementale européenne que d'actifs en Dollars US. D'après les économistes de la Standard Chartered Bank, les actifs de la Chine en Euros représenteraient de 26 à 28% des ses réserves en devises étrangères, contre 63 à 67% pour le Dollar US.

On pourrait croire que les actifs de la Chine libellés en Euros soient plutôt investis dans des pays de la zone-clé plus sûre de l'eurozone, comme l'Allemagne ou la France, que dans des obligations grecques, portugaises, espagnoles ou italiennes. Cependant les données des derniers mois sur ce sujet sont contradictoires.

Il y a quelques semaines, le Financial Times a rapporté que la Chine détenait 4% du Trésor de l'Italie. Mais lors d'un entretien avec le Ministre italien des Affaires Etrangères, Franco Frattini, lors de sa visite en Chine à la mi-juillet, a déclaré que 13% de la dette publique italienne étaient à présent entre les mains de la Chine. Si ce chiffre s'avérait vrai, cela ferait de la Chine un des plus importants détenteurs étrangers de la dette publique italienne. Cela soulèverait aussi la question de savoir si la Chine n'investit pas en fait dans certains des pays périphériques de l'eurozone parce que les rendements y sont plus élevés. A part la Grèce, les autres pays périphériques de l'eurozone comme l'Espagne, le Portugal et l'Italie ne font pas face à un risque sérieux de défaut de paiement.

Investir dans des actifs libellés en Euros permet à la Chine de diversifier ses risques ailleurs que dans le Dollar US. Le Gouvernement chinois et les autorités monétaires ont, en fait, exprimé une désaffection croissante envers la politique monétaire laxiste de la Réserve Fédérale américaine. Les investisseurs chinois ont représenté une forte proportion des acheteurs de la tranche de 5 milliards d'Euros (6,7 milliards de Dollars US) des obligations de sauvetage accordés par le fonds de secours de 440 milliards d'Euros de l'eurozone à la mi-septembre 2011. Le même jour, Wen Jiabao, le Premier Ministre chinois, a déclaré que la Chine continuerait à aider l'Europe.

En plus de l'achat d'obligations de l'eurozone, les investissements chinois dans des entreprises européennes ont aussi augmenté à un taux jamais vu auparavant. L'Europe se révèle être un terrain plus fertile pour les investissements chinois que les Etats-Unis : en fait, les investissements totaux de la Chine en Europe sont de 53% plus importants que les 1,39 milliard de Dollars US qui sont allés vers les Etats-Unis en 2010, d'après le Ministère du Commerce chinois.

La crise de la dette a également contraint quelques gouvernements de l'UE comme ceux de la Grèce, du Portugal, de la Hongrie et de l'Italie d'envisager la vente possible à la Chine de participations dans des entreprises publiques.

Les implications politiques de ces investissements en Europe deviennent évidentes. La Chine demande depuis longtemps que l'UE lui reconnaisse le statut d'économie de marché, une décision politique ayant des implications économiques significatives pour les deux parties.

Les évènements récents montrent que l'heure est venue pour l'UE et la Chine de commencer une série de négotiations approfondies sur leurs relations économiques et politiques lors des dix à vingt années qui viennent.

La gravité de la crise de la dette européenne et le coup potentiel que cela pourrait porter à l'économie mondiale exige des dirigeants chinois et européens de faire preuve de courage et de vision afin de renforcer leur coopération et de réduire l'acrimonie et la mauvaise compréhension. Pour les Etats membres de l'UE, il est essentiel de faire des efforts supplémentaires pour trouver la cohésion nécessaire permettant d'adopter une approche cohérente et unie envers Beijing, y compris une position claire sur des sujets politiquement sensibles comme les investissemenst chinois dans les entreprises publiques, le statut d'économie de marché et le sujet de l'embargo sur les armes. Et du côté chinois, les dirigeants devraient songer sérieusement à des concessions substantielles sur des sujets relevant de l'économie et de la politique intérieures.

Si les dirigeants chinois et européens arrivent à négocier avec succès au sujet de leurs relations bilatérales à ce tournant historique, alors non seulement ils contribueront à résoudre la crise de la dette européenne, mais ils feront aussi avancer l'affaire pour davantage de coopération internationale face à des signes croissants de nationalisme économique.

L'auteur est chercheur invité à l'Institut de l'Union Européenne pour les Etudes de Sécurité à Paris.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
Nom d'utilisateur Anonyme  
  
  
  
Le Quotidien du Peuple en ligne recrute un(e) traducteur(trice) avec français langue maternelle
Wu Bangguo appelle au renforcement des relations sino-canadiennes
Les centres de la culture chinoise implantés à l'étranger permettent au monde entier de connaître la Chine
La Chine « dispute l'Europe » ne tient pas debout et est injustifiable
La farce législative américaine