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Français>>CultureMise à jour 06.04.2012 16h47
(Culture de la Chine) Alain Sarfati : les architectures chinoises doivent raconter leur propre histoire

Les architectures chinoises doivent représenter et interpréter la culture chinoise et raconter leur propre histoire. Je souhaite voir plus d'architectures universelles et moins d'architectures internationales dans ce pays", a déclaré l'architecte français Alain Sarfati, lors d'une interview accordée récemment à l'Agence de presse Xinhua (Chine Nouvelle).

Dans le café d'un hôtel situé à l'extérieur du troisième périphérique nord-est de la capitale chinoise, Alain Sarfati arbore un simple bonnet bleu et un manteau noir trois quart, et c'est avec le sourire qu'il partage sa vision de l'architecture.

Qualifié de penseur de la famille des architectes français, Alain Sarfati est convaincu que "l'architecture est l'expression d'une culture". Selon lui, l'architecture universelle est l'architecture qui reflète sa propre culture et interprète ses coutumes traditionnelles. "Les architectures classiques et traditionnelles sont universelles ", ajoute-t-il.

Par opposition, l'architecture internationale est celle, omniprésente, que la mondialisation de l'architecture impose dans toutes les grandes métropoles de la planète. L'architecture perd ainsi son caractère de point de repère, car les grands immeubles sont partout identiques, déplore-t-il.

Il explique que dans l'antiquité, l'architecture revêtait un sens solennel et imposant. Le mot "architecture" ne s'appliquait autrefois qu'à trois genres de construction, à savoir palais, temples et tombeaux, qui incarnaient tous l'autorité.

Depuis longtemps, différentes nations expriment leurs réflexions sur le rapport entre le ciel, l'homme et la terre par le biais de l'architecture. Par exemple, dans le Temple du Ciel, un édifice classique très renommé de la capitale chinoise, de grandes pierres plates furent utilisées au sol pour souligner que la terre est le support de l'humanité, tandis que, par contraste, la forme et la couleur du palais représentent la légèreté du ciel.

Pour celui qui a conçu l'Ambassade de France à Beijing, finalisée en novembre 2011, l'architecture doit "produire un sens partagé". Elle représente la culture et la nature à travers la technologie et l'informatique. Alain Sarfati y a interprété ses pensées identitaires, créant une architecture qui reflète, du côté français, le rationalisme cartésien, l'intuition et la fantaisie et qui emprunte à son pays d'accueil des théories architecturales. Les contrastes entre le clair et le sombre rappellent en effet le yin et le yang, et l'orientation de la résidence de l'ambassadeur repose sur le concept de feng shui.

En fait, l'actuel ambassadeur français en Chine avait révélé à l'architecte, lors d'un entretien, sa préférence pour l'orientation est-ouest dans un bâtiment. Cependant, Alain Sarfati a finalement adopté l'orientation sud-nord pour la résidence de l'ambassadeur, influencé par les préceptes du feng shui qui soutiennent cette orientation dans les architectures de Beijing. Selon l'architecte français, cela tient compte de l'environnement de la ville, qui est dominée par un vent du nord et du nord-ouest.

Inspiré par les contraintes imposées par le feng shui à l'immeuble emblématique HSBC de Hong Kong , Alain Sarfati s'est lancé dans les études de cette discipline chinoise et a réfléchi au rapport entre l'architecture bioclimatique contemporaine et la tradition du feng shui dans la culture chinoise. Il a notamment été étonné des similitudes qu'il a découvertes entre le concept de feng shui et l'approche holistique de l'Occident.

Selon lui, le feng shui tente d'expliquer le rapport entre l'humanité et l'univers, en prenant en considération d'ensemble l'habitant et l'habitat, le lien entre l'homme et son environnement et entre la nature et le paysage. C'est la source de l'harmonie bioclimatique.

Alain Sarfati réitère que l'architecture n'est pas une utopie et n'est pas solitaire. Il s'oppose au mouvement selon lequel l'architecture se borne à l'usage de nouveaux matériaux et doit représenter la modernité par la technologie et l'informatique.

Il appelle à construire des architectures qui produisent un sens partagé et à prendre en considération la fonctionnalité des bâtiments. Il ne faut pas laisser l'image l'emporter sur d'autres aspects de l'architecture, tels que la communication et la nature.

"Un architecte doit se rappeler sans arrêt que l'architecture n'est pas une utopie, mais qu'elle doit être utilisable, être acceptée par les habitants. Elle doit toucher les gens ", souligne finalement Alain Sarfati.

Source: xinhua

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