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Français>>AfriqueMise à jour 23.07.2012 14h51
La Guinée-Bissau traverse une crise politique sans précédent (SYNTHESE)

"La Guinée-Bissau traverse une crise politique sans précédent", a déclaré à Xinhua le politologue et ex-ministre durant le régime Vieira, Fernando Delfim da Silva.

Son analyse se fonde sur le fait que le gouvernement de transition, mis en place en mai pour sortir le pays de la crise née du coup d'Etat du 12 avril, a été créé à avec une vingtaine de partis politiques n'ayant aucun siège au parlement.

Pour lui, ce gouvernement, mis en place sous la pression de la communauté internationale, n'a aucune légitimité parlementaire d'autant plus que le PAIGC, ancien parti au pouvoir qui compte 67 députés sur 100 au parlement, boycotte les travaux et empêche le fonctionnement normal de l'assemblée nationale et des institutions publiques.

Il s'y ajoute, a-t-il fait remarquer, que le mandat du Parlement s'achève en novembre alors que la transition va se poursuivre jusqu'en mai 2013.

Pour Rui Landim, un autre politologue l'impasse politique que traverse la Guinée-Bissau est dû "au manque de vision politique de la classe politique qui n'est pas à la hauteur des défis auxquels le pays est confronté".

Selon lui, Ibrahima Sory Diallo, actuel président de l'Assemblée nationale, n'a aucune légitimité car, les lois en vigueur qui régissent le parlement, en cas de démission du président Raimundo Pereira, prévoient que son successeur doit être élu au suffrage universel.

"Ibrahima Sory Diallo, n'a pas le droit de bloquer les travaux de la 8ème législature en s'opposant à ce que les instances dirigeantes de l'Assemblée nationale soit renouvelée", déplore-t- il.

Avec le rejet par la PAIGC des institutions de transition le parlement ne peut légiférer et préparer les prochaines échéances électorales (présidentielle et législatives) qui devraient consacrer le retour à la normalité constitutionnelle, notent les observateurs.

Ibrahima Sory Diallo, qui a succédé à Sherifo Nhamadjo, président de transition, a suspendu purement et simplement les travaux du parlement après quatre jours d'impasse concernant le renouvellement du présidium.

La police militaire, puis les forces en attente de la CEDEAO, avait dû intervenir pour mettre un terme au pugilat entre les députés du PAIGC et du Parti de la Rénovation Sociale (PRS).

Pour faire face à la crise, le Parti de l'Unité Nationale (PUN) préconise la dissolution du gouvernement de transition, constitué "de putschistes, notamment de militaires et de politiciens" et son remplacement par un exécutif composé exclusivement de technocrates ne faisant pas partie des instances dirigeantes des partis politiques.

Idrissa Diallo, leader du PUN, a estimé au cours d'une récente conférence de presse, que seul un tel gouvernement de technocrates peut régler une fois pour toutes les problèmes auxquels la Guinée-Bissau est confrontée (l'impunité, l'injustice, la criminalité, le trafic de drogue).

M. Diallo a également suggéré la mise sur place d'un tribunal ad hoc, sous les auspices du Tribunal Pénal International, pour traduire devant la justice tous les auteurs des crimes de sang commis depuis 1998, de coups d'Etat, aussi bien politiciens que militaires, ainsi que les autorités judiciaires n'ayant pas joué pleinement leur rôle afin de mettre fin à l'impunité dans le pays.

Il a, par ailleurs, affirmé que le problème en Guinée-Bissau ne réside pas dans les élections, mais plutôt dans la période postélectorale.

Pour preuve, a-t-il poursuivi, ni le PAIGC, ni le PRS de Koumba Yala, n'ont réussi à gouverner après avoir gagné les élections présidentielles de 1994 et de 2000.

Par conséquent, a-t-il conclu, tenir d'autres élections dans un an, sans pour autant résoudre le problème de l'impunité, de l'injustice, de criminalité, serait une imposture qui contribuerait à davantage enfoncer la Guinée-Bissau dans le chaos et la violence aveugle.

Source: xinhua

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