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Français>>AfriqueMise à jour 23.07.2012 08h21
Guinée-Bissau : la nécessaire réforme des forces armées et de sécurité toujours à l'ordre du jour

Plus de trois mois après le coup d'Etat militaire du 12 avril dernier, la réforme des force armées et de sécurité reste toujours d'actualité en Guinée-Bissau, notent les analystes politiques.

Cette réforme était exigée par la communauté internationale dont l'aide maintient à bras le corps l'économie du pays, non seulement parce que ces forces sont jugées pléthoriques pour un pays pauvre, mais surtout parce qu'elles sont devenues le facteur principal d'instabilité du pays et leur hiérarchie est considérée comme au centre du trafic de drogue.

Depuis son indépendance en 1974 après une guerre de libération contre le Portugal, la Guinée-Bissau a enregistré pas moins de sept coups d'Etat (1980, 1998, 2000, 2003, 2009, 2011 et 2012) sans compter les coups de forces déjoués et une guerre civile, dans lesquels les forces armées et de sécurité sont impliquées.

Fortes de 11 000 hommes et de l'aura du statut d'anciens combattants de la guerre de libération de ses chefs, ces forces résistent jusqu'ici à toute réforme surtout celle qui veut réduite leurs effectifs à 4 000 hommes et envoyer à la retraite plus de la moitié.

L'une des raisons de ce refus, outre la perte de la rente de situation que constitue leur implication dans le trafic de drogue, est la modicité des pensions (15 000 FCFA pour les soldats), dénoncée par le chef d'état-major général des armées, Antonio Enjai.

Il avait finalement été arrêté que les officiers percevront une pension équivalant à leur salaire et les autres soldats une pension représentant 70% de leur salaire.

La communauté internationale (Union européenne qui a promis de financer la réforme qu'elle perçoit comme un facteur de paix et de stabilité), a aussi tardé à libérer les fonds nécessaires. Pendant ce temps, les autorités civiles sont accusées de vouloir écarter de l'armée les Balantes qui constituent 60% des forces de sécurité et de défense et 25% de la population bissau-guinéenne.

Cela fait dire au politologue bissau-guinéen Fernando Delfin da Silva que les objectifs de cette réforme "sont purement et simplement politiques".

Les hauts officiers balantes, a-t-il poursuivi, se sont rendu compte de la pression exercée sur eux, rien que pour les bannir de l'armée et opposent une résistance à toute velléité de les déposséder du pouvoir militaire dont ils sont actuellement les seuls détenteurs, a-t-il souligné.

Si les autorités insistent à vouloir les chasser délibérément de l'armée, l'on va toujours assister à des effets dévastateurs et par conséquent contre-productifs, prédit le politologue.

Pour l'instant, la réforme que tout le monde juge nécessaire pour la paix et la stabilité de la Guinée-Bissau, reste au point mort, et les forces armées et de sécurité continuent de sévir dans l'impunité contre les civils, sinon contre des militaires rivaux.

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