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Français>>AfriqueMise à jour 15.04.2012 11h22
Tunisie: Démarrage d'un Congrès national sur la justice transitionnelle (SYNTHESE)

Les travaux du Congrès national pour la justice transitionnelle en Tunisie ont démarré samedi en présence du président Moncef Marzouki, du chef du gouvernement Hamadi Jebali, du président de la Constituante Mustapha Ben Jaafar, des représentants de partis politiques, de la société civile ainsi que des invités étrangers.

D'après le président M. Marzouki, il y a certaines personnalités corrompues et des personnes seraient couvertes politiquement qui " tenteraient de fuir la justice".

"Les deux précédents gouvernements, a-t-il déclaré, notamment celui de Beji Caïd Essebsi (ex-Premier ministre) "ont fait preuve de grande souplesse et de laisser-aller concernant le jugement de ces corrompus", a indiqué le président.

La justice transitionnelle "a beaucoup de chance de réussite dans notre pays et cela vu les conditions favorables comme notamment la création du ministère de la Justice transitionnelle et l'absence de l'esprit de la vengeance", a souligné M. Hamadi Jebali lors de son allocution.

Pour le président de la Constituante Dr Mustapha Ben Jâafar, l'intérêt accordé à la justice transitionnelle en Tunisie de la post-révolution se traduit dans la loi relative à l'organisation des pouvoirs provisoire qui "stipule l'instauration d'une loi relative à la gestion de la justice transitionnelle qui a toutes les chances de réussite en Tunisie".

D'un autre côté, le ministre tunisien de la Justice transitionnelle M. Samir Dilou a déclaré à l'issue du Congrès que certains facteurs objectifs sont là pour assurer la réussite du processus de la justice transitionnelle en Tunisie.

Il s'agit, d'après M. Dilou de la "conscience de toutes les parties intervenantes quant à l'importance et le rôle de la justice transitionnelle dans la rupture avec le passé sans négliger le jugement des coupables".

Ce Congrès, a-t-il poursuivi, "demeure un engagement officiel de la plus haute autorité du pays (les trois présidents: République, gouvernement et Constituante) de lancer ce processus de justice transitionnelle".

Le traitement du dossier de la justice transitionnelle en Tunisie commence à faire l'objet d'une polémique à la lumière des revendications des familles des blessés de la révolution d'une part (indemnités et mesures sociales préférentielles..) et de la divergence de points de vues sur la nécessité de "fouiller" dans le passé, d'autre part.

Dans ce sens, "le traitement de l'histoire est la responsabilité des historiens", avait déclaré l'ex-Premier ministre Beji Caïd Essebsi lors de son entretien la semaine dernière avec M. Samir Dilou.

M. Essebsi réalise que "l'actuelle étape exige la concentration sur l'aboutissement et l'identification de solutions rapides aux problèmes politiques et sociales outre l'ouverture des ateliers de réformes".

En revanche, cet avis n'est pas partagé par d'autres acteurs politiques en Tunisie notamment la Fondation arabe pour la Démocratie dont le secrétaire général Mohsen Marzouk avait insisté que "la justice transitionnelle repose impérativement sur l'ouverture des dossiers du passé".

Le retour sur le passé est imposé par des dépassements survenus et des demandes présentés par des victimes", a argumenté M. Marzouk dans une déclaration au quotidien tunisien d'expression arabe "Achourouk" (Lever de soleil).

La création d'une instance indépendante pour la justice transitionnelle est une autre proposition récemment présentée en la matière de la part du Centre de Tunis pour la justice transitionnelle.

Selon la présidente de ce centre Mme Sihem Ben Sedrine, "parler de la justice transitionnelle en Tunisie est en étroite liaison avec la préservation des droit des victimes et la garantie de la non-reproduction des dépassements passés".

Le "démantèlement de tout un système dictatorial exige forcément des réformes profondes dans les institutions opérant dans les secteurs sécuritaire, médiatique et judiciaires", toujours selon Mme Ben Sedrine.

Pour trouver un terrain d'entente entre les parties appelant à rouvrir les dossiers du passé et ceux qui défendent la concentration sur la reconstruction et la réforme vers l'avenir, Mme Ben Sedrine a proposé d'opter pour une "répartition temporelle " à travers laquelle, la priorité sera d'examiner les dossiers en suspens du "passé récent" puisque la prochaine étape impose plusieurs défis qui attendent des réactions urgentes et rapides.

Source: xinhua

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