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Français>>AfriqueMise à jour 26.03.2012 08h30
Sénégal : Macky Sall jugé favori face à Abadoulaye Wade au second tour de la présidentielle dimanche (AVANT-PAPIER)

Plus de 5 millions d'électeurs sénégalais sont appelés aux urnes dimanche pour départager, au second tour de la présidentielle, le président sortant Abdoulaye Wade, candidat à un troisième mandat consécutif, et son ex-Premier ministre Macky Sall.

A bientôt 52 ans, Macky Sall, par ailleurs ancien président de l'Assemblée nationale et ancien directeur de campagne du chef de l'Etat sortant à la présidentielle de 2007, est déclaré favori par les sondages face à son ancien mentor qui, à presque 86 ans, ne s'estime du reste pas vaincu, ce qui fait à dire à certains observateurs que les jeux sont ouverts.

"Si on analyse les forces en présence entre le président Wade et le camp de Macky Sall, si on analyse les différentes alliances qui ont eu à se faire entre le premier tour le 26 février et le second tour ce dimanche, on a vu que Macky Sall a réussi à réunir autour de sa candidature tous les autres candidats qui étaient au nombre de douze", a noté à Xinhua l'analyste Ababacar Guèye.

De l'avis de ce juriste enseignant à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, l'ancien chef du gouvernement porté par une coalition des Forces du changement regroupant les douze autres candidats du premier tour au rang desquels les autres ex-Premiers ministres Idrissa Seck et Moustapha Niasse, a en outre réussi à rallier toutes les organisations citoyennes ou de la société civile déterminées aussi à combattre la candidature de Wade.

Une allusion au Mouvement du 23 juin (M-23) né à la suite de la contestation d'une tentative de modification constitutionnelle du président Wade le 23 juin 2011 visant à permettre que le futur dirigeant sénégalais soit élu avec 25% des voix, puis au mouvement de jeunes "Y en a marre".

"Aujourd'hui, si on analyse simplement ce jeu d'alliances, on peut présumer que du point de vue des alliances et coalitions, Macky Sall a réussi quand même à rallier autour de sa candidature le maximum de soutiens, contrairement au candidat Wade qui a eu une autre stratégie", décrypte Guèye.

Selon lui, "peut-être que la tentative de réunir des leaders de l'opposition dans une alliance de la part de Wade a échoué. Alors, lui, il a eu recours à une autre stratégie, c'est-à-dire qu'il est allé chercher ce qu'on peut appeler au Sénégal les grands électeurs. Il s'est adressé directement à ces grands électeurs".

"Maintenant, ajoute-t-il, il n'a pas eu toujours le résultat escompté, parce que certains, surtout les grands électeurs qui ont un poids, n'ont pas voulu donner de consignes de vote. Wade comptait beaucoup sur ces consignes de vote, il ne les a pas obtenues. Maintenant, il a eu des consignes de vote de la part de grands électeurs de seconde zone. Je ne sais pas si ces derniers pourront faire pencher la balance à son profit".

Certes avec un peu plus de prudence, le politologue Abdou Rahmane Thiam, joint au téléphone à Diofor, une commune du département de Fatick dont Macky Sall est le maire, partage cette analyse. "Si on analyse sociologiquement cette campagne, il est vrai qu'il n'y a pas d'arithmétique en matière électorale, il peut y avoir un changement (à la tête du pays, ndlr)".

"Mais quand même les jeux sont ouverts. Les gens pensent qu'avec les ralliements il peut y avoir un score très élevé pour Macky Sall. Mais il peut aussi y avoir un score serré", enchaîne Thiam qui reconnaît au passage "une aspiration au changement du peuple sénégalais qui peut favoriser le candidat Macky Sall".

Comme au premier tour le 26 février, le scrutin dévoile un fichier électoral de plus de 5 millions d'électeurs inscrits dont 5.080.294 civils résidant à l'intérieur du pays, 204.540 Sénégalais de l'extérieur inscrits et 23.003 militaires et paramilitaires qui, à l'instar du premier tour, ont voté par anticipation le week-end précédent.

Sur quelque 299.000 cartes d'électeur en souffrance au premier tour, seules environ 11.000 ont été retirées la semaine dernière, ont déclaré à Xinhua des sources de la Commission électorale nationale autonome (CENA) chargée du contrôle et de la supervision de l'élection.

Sur 11.904 bureaux de vote ouverts sur l'ensemble du territoire sénégalais, cette structure dirigée par un magistrat à la retraite et ex-médiateur de la République, Doudou Ndir, déploie une fois de plus 18.098 contrôleurs et superviseurs.

Conformément à la loi, l'ouverture des bureaux de vote est fixée à 8 heures (locales et GMT) et la fermeture à 18 heures.

"A la fermeture des bureaux de vote, dès l'instant que tous les procès-verbaux seront affichés sur les 11.904 bureaux de vote, avec la rapidité de la transmission des informations, je peux vous assurer que les premières tendances seront dégagées", a déclaré à Xinhua le président de la CENA qui a promis un scrutin juste et transparent.

"Maintenant, il faut attendre que les autorités officiellement investies de la mission de déclarer les résultats soient saisies afin de s'acquitter de leur mission. Les analystes politiques commenceront bien entendu à faire des commentaires sur les tendances. C'est normal parce que c'est la démocratie", a précisé Doudou Ndir.

Il a insisté sur la présence de la presse, "parce que la presse constitue également un maillon de sécurisation du processus électoral".

Après une campagne sans heurts contrairement à celle du premier émaillée de violences, c'est également dans une atmosphère apaisée que les Sénégalais attendent d'élire leur futur président pour les sept prochaines années. Le sortant, Abdoulaye Wade, a été élu en 2000 et réélu en 2007.

Le scrutin accueille des observateurs internationaux, notamment de l'Union africaine (UA) et de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) qui déploient une mission conjointe conduite par l'ex-président nigérian Olusegun Obasanjo.

Source: xinhua

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