Nouvelles bilingues/Edition du week-end/Notre site/Archives/

 
Français>>AfriqueMise à jour 03.02.2011 09h58
UA : Côte d' Ivoire, Somalie et Sud-Soudan éclipsent le principal thème du 16e sommet (PAPIER GENERAL)

Comme il fallait s'y attendre, les sujets brûlants dont la crise postélectorale en Côte d'Ivoire, suivie de l'interminable guerre civile en Somalie, puis de la perspective d'un nouvel Etat au Sud-Soudan, ont dominé le 16e sommet de l'Union africaine (UA) dimanche et lundi à Addis-Abeba en Ethiopie, éclipsant le principal thème de ce rendez-vous.

Avec la participation d'une trentaine de chefs d'Etat et de gouvernement parmi les 53 pays du continent, ce sommet crucial était en fait axé sur les "valeurs partagées : pour une plus grande unité et intégration" de l'Afrique, un thème adopté lors de la 14e conférence ordinaire des dirigeants de l'UA en janvier 2010, soit un an auparavant.

Actualité oblige, la crise postélectorale ivoirienne a animé les débats par une série de concertations dites de haut niveau et de mini-sommets depuis samedi, jour de l'arrivée des premiers chefs d'Etat à Addis-Abeba et du secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, qui, dans son une allocution dimanche à l'ouverture du sommet, a réitéré l'appel à une position ferme contre le président Laurent Gbagbo pour son départ du pouvoir au profit d'Alassane Ouattara.

"Au moment où nous nous réunissons, les yeux du monde sont tournés vers la Côte d'Ivoire. Nous devons demeurer fermes et unis sur cette situation instable pour y apporter une solution urgente", a déclaré le patron de l'ONU, qui a rejeté d'emblée l'éventualité de l'organisation d'une nouvelle élection, estimant que ce serait "une grave injustice et un précédent historique" pour la promotion de la démocratie.

Réaffirmant sa reconnaissance d'Alassane Ouattara comme président élu au terme du deuxième tour du scrutin présidentiel le 28 novembre, il a appelé à la levée du siège imposé par le camp de Laurent Gbagbo à l'hôtel Golf d'Abidjan où se trouvent reclus l'ex-chef du gouvernement et son gouvernement. Son allié Henri Konan Bédié y vit aussi, a appris Xinhua de source ivoirienne.

Mais contrairement à Ban Ki-moon, l'UA fait montre d'une position nuancée sur ce problème qui divise les dirigeants et pays du continent. Suite aux menaces de recours à une intervention militaire brandie par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) s'alignant sur ce qu'il est convenu d'appeler la communauté internationale, l'organisation défend plutôt "une solution pacifique et négociée".

A commencer par le président de la Commission de l'UA, des voix se sont élevées lors du sommet pour faire prévaloir "les solutions africaines aux problèmes africains". Face à la presse samedi, Jean Ping avait dénoncé les prises de position des acteurs non africains qui, au lieu de militer pour la paix, incitent à l'usage de la force en Côte d' Ivoire, option prônée notamment par le camp d'Alassane Ouattara pour déloger Laurent Gbagbo du palais présidentiel de Cocody.

"S'il y a usage de la force, qui va utiliser ? L'ONU est-elle capable d' avoir les pouvoirs d' utiliser la force ? Est-ce que le Conseil de sécurité donnera les pouvoirs d'utiliser le chapitre 7 ? Vous savez vous-mêmes que je ne le crois pas. Parce que le chapitre 7 dans son application totale, ça veut dire qu' une force multinationale arrive comme en Afghanistan", s'en était offusqué M. Ping.

Décidé lors d'une session du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'UA samedi soir en présence de Ban Ki-moon, un panel sur la Côte d'Ivoire a été constitué dimanche, comprenant les chefs d' Etat de l'Afrique du Sud, du Burkina Faso, de la Mauritanie, de la Tanzanie et du Tchad, des présidents de la Commission de l'UA et de la Commission de la CEDEAO, et un groupe d' experts.

Pourtant autres dossiers chauds d'actualité, le changement de régime en Tunisie avec le départ du pouvoir le 14 janvier, à la suite de lé révolution de la rue dite de jasmin, de Zine El Abidine Ben Ali, après près d'une quart de siècle de magistrature suprême, et le soulèvement populaire contre le pouvoir d' Hosni Moubarak en Egypte ont fait l'objet d'une grande réserve, le dernier cas n'ayant d'ailleurs pas été évoqué dans le document de décisions, recommandations et résolutions.

Sur la Tunisie où un gouvernement dit de transition peine à se mettre en mouvement, l' UA s'est simplement déclarée solidaire avec le peuple tunisien et a appelé "toutes les parties tunisiennes pour qu'elles œuvrent ensemble, dans l'unité, la paix, le consensus et le respect de la légalité, à une transition pacifique et démocratique qui permettra aux Tunisiens de choisir librement leurs dirigeants, à travers des élections ouvertes, libres, démocratiques et transparentes".

Selon le président de la Commission de l'organisation, le changement de régime survenu est conforme à l'ordre constitutionnel, car, la Constitutions stipule qu'en cas d'absence du président de la République, quelles que soient les raisons, c'est le président de l'Assemblée nationale (Parlement) qui assure l' intérim.

Pays où l'Union africaine déploie une force de maintien de la paix (Amisom) estimée pour l'heure à 8.000 hommes avec une perspective d'une augmentation à 12.000 à brève échéance et 20.000 à terme, la Somalie, secouée par une interminable guerre civile depuis 21 ans, est revenue dans les débats comme un centre d'intérêts majeur.

En présence de l'ex-président ghanéen Jerry Rawlings, désigné pour œuvrer pour la recherche d'une sortie de crise dans ce pays de la Corne de l'Afrique pris en otage par des milices islamistes shébabs, lesquels défient le gouvernement de transition à Mogadiscio par des attaques récurrentes allant jusqu'à s'en prendre aux troupes de l'Amison, un mini-sommet s'est tenu lundi pour réfléchir à l'extension du mandat de cette force pour la rendre "offensive et robuste", d'après Jean Ping.

Concernant le Sud-Soudan, objet lui aussi d' un mini-sommet, les dirigeants de l' UA ont affirmé leur soutien à la création d' un nouvel Etat dans cette partie du Soudan, suite aux perspectives ouvertes par le référendum d' autodétermination du 9 janvier caractérisé par une participation massive et sans heurts de la population au vote.

A l' instar du nouveau chef d' Etat élu de la Guinée, Alpha Condé, le président du Sud-Soudan, Silva Kiir et sa délégation ont été accueillis avec grand honneur à la grand-messe d' Addis-Abeba, qui a reçu en invité d' honneur dimanche à l' ouverture le président français Nicolas Sarkozy, en sa qualité de président en exercice du G8 et du G20, occasion pour l' Afrique et ses partenaires des deux regroupements de réaffirmer leur partenariat dit stratégique.

Le prochain sommet aure lieu en juillet à Malabo, en Guinée équatoriale, dont le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo a été désigné à la présidence tournante de l'organisation contientale pour un an, devenant le premier dirigeant d'un pays de langue espagnole et hispanophone du continent à occuper ce poste depuis la création de l'UA en 2002.

Source: xinhua

Commentaire
Nom d'utilisateur Anonyme  
  
  
  
Les dirigeants chinois rendent visite à des responsables retraités avant la Fête du Printemps
Les discours du président Hu durant sa visite aux Etats-Unis publiés en 5 langues minoritaires
L'«image de la Chine » fait l'objet de discussions lors du Forum de Davos
Les 10 raisons pour lesquelles les Etats-Unis diabolisent la Chine
Quand la « Mère Patrie » en vient à friser l'incident diplomatique...
Le rôle de la Chine dans le monde
Face aux problèmes de circulation, Guangzhou met la pédale douce